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Bulletin N°45 du 14 juin 2026

  • Etienne Lemarie
  • il y a 7 jours
  • 11 min de lecture


Mesdames et Messieurs les Présidents et Doyens,

Chers Collègues, chers Amis,


2021 a été l'année de la Recommandation de l'UNESCO sur la science ouverte : « La science ouverte est un ensemble de principes et de pratiques visant à rendre la recherche scientifique, tous domaines confondus, accessible à tous, au bénéfice des scientifiques et de la société dans son ensemble". Les grands organismes de recherche emboitent le pas. L’Inserm et le CNRS, les IRSC , le FRQ sont pleinement engagés, en accord avec le Plan National pour la Science Ouverte (France).

2022 a été l'année du lancement de GPT, première IA mise sur le marché, suivie de beaucoup d’autres, notamment en santé. L'IA bouleverse le processus classique. de la publication et de la recherche ainsi que la clinique.

2025, la lutte contre les publications frauduleuses, la fausse information, deviennent prioritaires, d’où l’urgence de mettre sur pied des processus pour évaluer la recherche tout domaines, tous secteurs confondus, en maintenant les standards et en prenant en compte les réalités  continentales spécifiques.

2026, le Ministère français publie le rapport « Information en santé". Auteurs: Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve. D’autres chantiers émergent : pertinence, qualité des soins, service rendu à la population.

Nos systèmes de santé, notre formation universitaire devront répondre à ces nouveaux défis.

Très cordialement

Cheikh Cissé, Faculté de Médecine de Dakar

Ihsane Hmamouchi, Faculté de Médecine de l'Université Internationale de Rabat

Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours

Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis

Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec



Le bilan d'activité 2025 du GRISOF est disponible en cliquant ici



Suivez notre activité sur notre site grisof.org et sur le site de l'AUF https://www.auf.org/reseau/grisof-3/


Le comité éditorial du GRISOF a rédigé une feuille de route à la suite du colloque de Dakar


Le GRISOF met à votre disposition sept modules de formation en science ouverte.  A l'issue des sept modules et après vérification des connaissances, une attestation vous sera remise. L'accès à ces modules est possible après règlement des 25€ correspondant à la cotisation 2026 du GRISOF. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr



Conférences d’actualités du GRISOF

Merci à nos orateurs d'avril, mai et juin 2026


Jeudi 2 avril Romuald Sciora 

Titre. Les universités américaines au coeur d’une guerre civile culturelle .


Jeudi 30 avril Frédérick Plamondon

Titre:  IA et enseignement supérieur

Enregistrement Youtube: https://youtu.be/5ws3Xza7dwQ


Jeudi 21 mai Pr Sy Duong-Quy 

Titre : La prise en charge mondiale du syndrome des apnées du sommeil en faveur des pays de faible et moyen revenus: pourquoi et comment?


Jeudi 28 mai  Pr Jean Sibilia

Titre : Le projet de la Faculté de Médecine Maïeutique et Sciences de la Santé de Strasbourg : un engagement pour la formation, la recherche, l'innovation et la responsabilité sociétale.


Jeudi 4 juin. Pr Etienne Lemarié

 Titre: La science ouverte va-t-elle résister à l’assaut de l’IA ?


Jeudi 11 juin Pr Yves Tremblay Université Laval, Québec

Titre: Revision qualitative par les pairs


Prochaine conférence, en partenariat avec l'Académie de Médecine

Jeudi 2 juillet.  Pr Patrice Debré (Paris), Pr Pierre M'Pelé (Brazzaville),

Pr Antoine Flahault. (Paris).

Titre : Point de situation et quelques réflexions sur l'épidémie d'Ebola Bundibugyo


Cette 184ème conférence d'actualités va clore l'année universitaire 2025-2026.

Rendez vous en septembre


Webinaires FéFOG-GRISOF



Le Professeur Jacques Roland nous a quittés le mercredi 20 mai 2026.



Professeur universitaire, praticien hospitalier d'anatomie et radiologie, ancien doyen de la faculté de médecine de Nancy, ancien Président de la conférence des doyens, ancien Président du Conseil National de l'Ordre des Médecins.

« Des vies dans une vie » écrivait-il en titre de ses mémoires pour signifier que la vie est multiple quand elle est passion, au service des autres. « Devenir universitaire et neuro-radiologue…devenir professeur de médecine…être doyen…doyen des doyens… » tout en se passionnant pour l’aviation, la lecture, l’anthropologie, la course à pied, la musique, les beaux-arts. Peut-être du fait d’un tel emploi du temps, il savait écouter, expliquer, accompagner ceux en qui il avait confiance.

Nos bien sincères condoléances et toute notre affection à Edith son épouse, ses enfants et petits-enfants.

Etienne Lemarié                     Jean-Paul Francke



 


Le Congrès RIFRESS de Dakar met à l’honneur une problématique d’actualité internationale : « Le partenariat entre les principaux acteurs pour une meilleure santé pour tous dans un territoire ».

 

Face à la complexité des déterminants de la santé, une action concertée entre les secteurs s’impose, fondée sur des valeurs de respect, de justice sociale et d’efficience. L’enjeu est désormais de démontrer concrètement l’impact de ces collaborations à l’échelle territoriale.

 

L’université, par sa capacité à mobiliser des expertises plurielles, joue un rôle central en promouvant des approches innovantes, interdisciplinaires et engagées au service des populations.

 

Nous vous invitons à participer à ce congrès, espace d’échanges et d'innovations, afin de contribuer dans nos contextes spécifiques à la rénovation d'un système de santé équitable, efficient et pérenne.

Vous trouverez les informations en lien avec la soumission des résumés (communications et ateliers) sur le site du RIFRESS : https://rifress.org

Au plaisir de vous voir à Dakar.

Les Présidents du Congrès

Charles Boelen - Bara Ndiaye




Mardi, 9 juin, 11 h - La traçabilité des données en laboratoire de recherche : un enjeu d’intégrité scientifique mais pas uniquement ! Laëtitia Le Pottier 

 

Mardi, 7 juillet, 11 h - Conflits d’intérêts : et si on changeait les pratiques ? Gwénaël Dumont








FORMATIONS PEDAGOGIQUES organisées par le GRISOF

Les 13 formations proposées par le GRISOF pour renforcer et promouvoir la recherche scientifique

Contacts:






Epidémie d'Ebola : sommes-nous si démunis?

Face à l'épidémie actuelle d'Ebola, les experts s'interrogent sur la possibilité de recourir au vaccin Ervebo qui n'a pas été étudié sur la souche actuelle. Autre piste, l'utilisation possible des anticorps monoclonaux. Les experts français sont en pointe dans ce domaine avec le lancement récent d'un essai de phase III. 

Face à la nouvelle épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, sommes-nous totalement désarmés ? Certes, elle est déjà classée parmi les trois plus importantes jamais recensées. Elle se propage dans une zone de conflit. Ce qui complique considérablement les efforts d'endiguement. Le virus en cause appartient à l'espèce Bundibugyo, une souche pour laquelle il n'existe à ce jour aucun vaccin spécifiquement homologué. Deux précédentes épidémies dues à ce même variant avaient été recensées, en 2007 puis en 2012. Bien que son taux de létalité soit estimé inférieur à celui du virus Ebola Zaïre, il reste redoutable, avec environ moins de 50 % de mortalité parmi les personnes infectées. L'OMS a d'ores et déjà qualifié la situation d'urgence de santé publique de portée internationale, et le nombre de cas suspects dépassait les 500, avec 130 décès présumés, selon leschiffres communiqués le 19 mai 2026 à l'Assemblée mondiale de la Santé réunie à Genève.






L'intelligence artificielle comme multiplicateur de retour sur investissement dans le secteur de la santé

Au sein de populations cliniques hétérogènes, la valeur clinique et économique des thérapies dépend de leur allocation. Les modèles d'intelligence artificielle (IA) prédictifs peuvent améliorer la précision de cette allocation au-delà des capacités des anciens outils d'aide à la décision clinique, en intégrant simultanément des données issues des domaines clinique, des biomarqueurs, de l'imagerie et administratif. Cette capacité peut accroître la valeur réelle des thérapies existantes et émergentes par rapport à la situation actuelle, en améliorant deux types de décisions thérapeutiques : le ciblage basé sur le risque, qui concentre le traitement sur les patients présentant un risque initial plus élevé, et le ciblage basé sur la réponse, qui identifie les patients susceptibles de tirer un bénéfice thérapeutique plus important. Ces deux mécanismes réduisent le nombre de patients à traiter (NNT) et améliorent le retour sur investissement (RSI), limitant ainsi les soins de faible valeur et incitant au développement de thérapies pour des sous-groupes de patients bien définis.









Alors que les chercheurs s'efforcent d'établir des lignes directrices universelles en matière de divulgation de l'IA, le diable se cache dans les détails.

C’est ce qui s’est passé lors de la Conférence mondiale sur l’intégrité de la recherche (WCRI) le 4 mai, lors d’une session où chercheurs, éditeurs, éthiciens et autres acteurs ont exploré une norme internationale définissant quand et comment les chercheurs doivent divulguer leur utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Les discussions alimenteront les lignes directrices que Bert Seghers, mathématicien et président de la commission flamande pour l’intégrité de la recherche en Belgique, co-responsable du projet, espère voir publiées d’ici la fin de l’année. Les débats ont toutefois montré que la rédaction de ces lignes directrices ne sera pas chose aisée.

Il existe un large consensus sur le fait que les auteurs doivent assumer la responsabilité de leurs travaux publiés, quelle que soit la méthode employée ; qu’ils doivent citer ou mentionner les travaux qui ne sont pas les leurs ; et qu’ils doivent faire preuve de transparence quant à leurs méthodologies. De nombreuses revues (dont Science ) ont déjà leurs propres règles concernant la déclaration des contributions de l’IA, précisant souvent que les IA ne peuvent pas figurer parmi les auteurs. Mais certaines directives des revues peuvent être vagues, explique Seghers, et elles ne sont pas harmonisées. « Il est vraiment nécessaire de parvenir à une compréhension commune. »


Des chercheurs qui utilisent des références hallucinées risquent une interdiction d'arXiv

Le serveur de prépublications est le dernier en date à imposer de lourdes sanctions aux auteurs qui contribuent à la production de « déchets » issus de l'IA — mais tout le monde n'est pas convaincu que ce soit la bonne approche.


L’adoption sans discernement de l’IA en science est alarmante — nous avons besoin de toute urgence de garde-fous.

L'intelligence artificielle accélère rapidement la production scientifique, mais risque de restreindre le champ de la recherche, d'affaiblir le jugement et de compromettre la formation des scientifiques.

Cette adoption rapide et non critique de l'IA en science comporte des risques importants² . Plusieurs problèmes sont déjà manifestes : les articles utilisant des outils d'IA se concentrent sur un ensemble plus restreint de questions de recherche établies³ et , dans certains cas, leur valeur scientifique a été jugée moindre⁴ que celle des études n'ayant pas recours à l'IA.


Pourquoi l'IA ne peut pas faire de la bonne science sans les humains

Avec l'arrivée des « scientifiques de l'IA », il est bon de se rappeler que la sagesse humaine, l'empathie et le désordre inhérent à la nature humaine font autant partie du progrès que les processus et l'efficacité.

Deux études publiées dans Nature offrent un aperçu de ce que certains interprètent comme le rôle décroissant de l'humanité dans la découverte scientifique, notamment dans le domaine de Perutz, la biologie moléculaire. Toutes deux décrivent une étape cruciale vers une découverte de médicaments véritablement pilotée par l'IA , où un système d' agents d'IA interconnectés est entraîné à naviguer de manière autonome dans des flux de travail complexes. Ce système a exploré la littérature scientifique, formulé des hypothèses, interprété des données et mené des débats internes pour identifier des candidats médicaments destinés au traitement d'une maladie particulière.












Épidémie de maladie à virus Bundibugyo en Ituri, République démocratique du Congo. Accès gratuit

Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et des Affaires sociales de la République démocratique du Congo a déclaré une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola dans la province d'Ituri, touchant trois zones sanitaires : Rwampara, Mongbwalu et Bunia. Des analyses en laboratoire ont confirmé la présence du virus Bundibugyo ( Orthoebolavirus bundibugyoense ). Cette épidémie est la 17e épidémie de maladie à virus Ebola et la deuxième épidémie de maladie à virus Bundibugyo dans l'histoire du pays et la troisième épidémie de maladie à virus Bundibugyo recensée au niveau mondial. Comparativement à d'autres espèces d'Orthoebolavirus , comme le virus Ebola Zaïre , le virus Ebola Soudan et le virus Ebola de la forêt de Taï , la maladie à virus Bundibugyo est généralement associée à un taux de létalité plus faible, historiquement estimé entre 30 % et 50 %. Les infections causées par le virus Bundibugyo et le virus Ebola Zaïre présentent des symptômes cliniques similaires, mais le virus Bundibugyo provoque généralement une forme plus bénigne de la maladie ; les manifestations hémorragiques sont moins fréquentes et apparaissent plus tardivement. Contrairement au virus Ebola

Au 21 mai 2026, l'Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo a recensé 82 cas confirmés en laboratoire, dont sept mortels ; 668 cas suspects, dont 171 mortels, étaient en cours d'investigation pour classification définitive. Au total, 750 cas confirmés ou suspects, dont 178 mortels, ont été signalés, soit un taux de létalité brut de 23,7 %.

D'après les premières investigations, le cas index de cette épidémie de maladie à virus Bundibugyo était un cas probable : un agent de santé, atteint d'un syndrome hémorragique aigu, a été diagnostiqué à Bunia le 24 avril 2026 et est décédé le 27 avril 2026. Son corps a ensuite été transporté à Mongbwalu, ville minière voisine, et enterré sans précautions.

Cinq facteurs rendent cette épidémie exceptionnelle et difficile à maîtriser. Premièrement, elle est causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n'existe aucun traitement ni vaccin spécifique homologué, ce qui prive les équipes d'intervention d'outils essentiels pour rompre la chaîne de transmission et réduire la létalité. Deuxièmement, l'épidémie se propage aussi bien en milieu urbain que rural. En milieu urbain, comme à Bunia (capitale de l'Ituri, qui compte environ 900 000 habitants), la maladie à virus Ebola peut connaître une transmission explosive en raison de la forte densité de population, de la propagation rapide dans les quartiers informels et de l'importante mobilité de la population.

Compte tenu du contexte spécifique de cette épidémie, nous recommandons sept actions pour une riposte efficace et un contrôle rapide. Premièrement, il est crucial de mener des enquêtes rétrospectives et une recherche active de cas, en ciblant les hôpitaux et les villages ayant enregistré des cas suspects ou confirmés, ainsi que des décès. Deuxièmement, il est essentiel de mener des enquêtes épidémiologiques approfondies pour chaque nouveau cas afin d'identifier la période d'exposition, le cas source, tous les cas secondaires et tous les contacts, afin de rompre la chaîne de transmission. Troisièmement, l'implication des leaders communautaires dans les communautés touchées, au sein de l'équipe de riposte, est essentielle pour prévenir toute résistance de la communauté, notamment concernant des funérailles dignes et sécurisées. Quatrièmement, la collaboration entre les groupes armés et les organisations humanitaires est indispensable pour permettre la mise en œuvre d'interventions cruciales de lutte contre l'épidémie dans les zones contrôlées par ces groupes. Cinquièmement, la mise en place urgente de centres de traitement Ebola équipés de mesures appropriées de prévention et de contrôle des infections, notamment d'équipements de protection individuelle adéquats pour les professionnels de santé en première ligne, est essentielle non seulement pour préserver un personnel essentiel, mais aussi pour prévenir l'amplification de la transmission au sein des établissements de soins. Sixièmement, des mesures de prévention et de contrôle des infections doivent être mises en place dans tous les établissements de santé des zones sanitaires touchées. Septièmement, les mesures de préparation et de réactivité dans les provinces et pays voisins devraient être améliorées pour la détection précoce des cas importés potentiels.

 

La mise en œuvre des engagements de la résolution de l'Assemblée mondiale de la Santé sur la santé rénale : une occasion cruciale d'améliorer la santé de millions de personnes.

L’insuffisance rénale chronique touche 850 millions de personnes dans le monde et pèse de manière disproportionnée sur les pays à revenu faible et intermédiaire où l’accès à un diagnostic précoce, à un traitement et à une thérapie de remplacement rénal (TRR) vitale est limité. En mai 2025, la 78e Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution sur la santé rénale appelant tous les États membres à intégrer les soins rénaux dans leurs stratégies nationales ; à renforcer la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge rapide ; à consolider les soins primaires ; à élargir l’accès à la TRR ; et à améliorer les capacités de mesure de la charge de morbidité, des progrès accomplis et du retour sur investissement. Ces engagements ambitieux ont été suivis de la Déclaration politique de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur les maladies non transmissibles et la santé mentale. La mise à profit des opportunités offertes par ces deux initiatives dépendra de la gouvernance, de l’engagement politique et de la responsabilisation, ainsi que des outils techniques, d’un financement adéquat et de mécanismes de mesure des progrès. Cette politique de santé propose un cadre pratique pour aider les gouvernements et leurs partenaires à concrétiser les engagements de la résolution et de la déclaration politique, en s’appuyant sur les enseignements tirés d’autres programmes de lutte contre les maladies non transmissibles et sur l’expérience des pays en matière de politiques de santé rénale.

 

 



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