Bulletin N°40 du 5 janvier 2026
- Etienne Lemarie
- il y a 1 jour
- 13 min de lecture

Mesdames et Messieurs les Présidents et Doyens,
Chers Collègues, chers Amis,
Apprendre, ce n’est pas seulement une capacité à maîtriser ou à produire de nouveaux savoirs ni même à progresser dans une activité généraliste ou spécialisée, ce que fait désormais l’intelligence artificielle.
Apprendre, c’est partager ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas.
"Apprendre suppose des relations, mais aussi des institutions, des repères pour poser les problèmes et progresser vers des réponses, approfondir l’histoire et préparer l’avenir dans un cadre public et ouvert sur la société, ses défis et ses besoins". Frédéric Worms, directeur de Normale Sup, Paris.
C'est ce que nous poursuivons dans le cadre du GRISOF, avec vous. À cet effet, le GRISOF produit des documents et des modules de formation à la science ouverte, offre des formations pédagogiques qui sont présentés sur notre site et des informations disponibles dans nos bulletins et sur le site grisof.org.
Tous nos voeux de réussite pour cette année 2026
Très cordialement
Cheikh Cissé, Faculté de Médecine de Dakar
Ihsane Hmamouchi, Faculté de Médecine de l'Université Internationale de Rabat Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis
Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec
L'année 2025 a été marquée par le colloque de Dakar

Les ateliers et séances plénières du colloque ont donné lieu à des enregistrements.
Les ateliers sont à disposition de façon gratuite, uniquement sur demande. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr
Les séances plénières sont disponibles après règlement de la cotisation 2026 de 25€ pourêtre membre du GRISOF, via Paypal en utilisant contactgrisof@gmail.com ou par virement bancaire dont voici le RIB (relevé d'identité bancaire).
Pour rappel, le GRISOF met également à votre disposition sept modules de formation en science ouverte. A l'issue des sept modules et après vérification des connaissances, une attestation vous sera remise. L'accès à ces modules est possible après règlement des 25€ correspondant à la cotisation 2025 du GRISOF. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr
Conférences d’actualités du GRISOF
Merci à nos orateurs de décembre 2025
Jeudi 11 décembre Florence Parent Praticien hospitalier, Service de pneumologie et soins intensifs, hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre ; université Paris-Sud
Titre. La maladie thrombo-embolique veineuse en 2025: recommandations, perspectives et populations particulières.
Jeudi 18 décembre. Anh Tuan Dinh-Xuan Professeur, Chef de Service. Hôpital Cochin, Université Paris Cité.
Titre. Pourquoi les prix Nobel de Physique et de Chimie en 2024 ont-ils été attribués aux chercheurs travaillant sur l’Intelligence Artificielle ? https://youtu.be/U9qsIF3zLKU?si=cXpJBgjhH8XsW1y3
PROCHAINES CONFERENCES
Horaire d’hiver 14h heure GMT 09h à Montréal, 14h à Dakar, 15h à Paris.
Jeudi 8 janvier Charles Boelen International consultant in health systems and workforce. Former coordinator of WHO headquarters program of human resources for health. President of RIFRESS-International francophone network for social accountability in health : www.rifress.org.Consultant international en systèmes et professionnels de santé. Ancien coordonnateur du programme OMS (Genève)des ressources humaines pour la santé. Président du RIFRESS - Réseau International Francophone pour la Responsabilité Sociale en Santé : www.rifress.org.
Titre : Rénovons nos systèmes de santé ! La responsabilité sociale : une culture et une stratégie.
Jeudi 15 janvier Matthieu Barlet Responsable de projet - Département Prospection, veille et montage de grands projets AUF, Direction des projets, Bruxelles, Belgique
Titre : Comment monter un projet multicentrique et multipays?
En 2025, le GRISOF a eu l’occasion de travailler sur un projet européen, dénommé Genesis, à la demande de l’AUF pour la partie francophone, Projet destiné à diagnostiquer des maladies dans les zones rurales du Sénégal et du Cameroun ; de prévoir les épidémies et de contribuer à la planification préventive.
Mathieu Barlet était le chef de projet et nous avons tous pu bénéficier de son savoir-faire. A son contact nous avons beaucoup profité de son expertise. C’est pourquoi nous lui avons demandé d'intervenir.
Jeudi 29 janvier Corinne Augé Professeur en génétique moléculaire et biotechnologie, iBRAIN, Inserm U1253 - Eq2 (Neurogénétique), Université de Tours
Titre : l’épigénétique dans la tête.
L’épigénétique, une toute jeune discipline scientifique, a pour objectif d’expliquer comment, quand et avec quelle intensité chaque cellule contrôle le fonctionnement de chacun de ses gènes, en lien avec son environnement. En effet, toutes les cellules qui constituent un individu possèdent la même collection de gènes, pourtant, chacune d’entre elles a une fonction différente parce que chaque cellule n’utilise qu’une petite fraction de ses gènes. L’épigénétique recèle donc l’espoir fou de comprendre non seulement le vivant, mais aussi les interactions entre les êtres vivants et avec le monde qui les entoure. Tous les domaines de la biologie sont concernés, de l’évolution des espèces à la santé humaine, en passant par le fonctionnement du cerveau ou le développement embryonnaire. Et notamment une question: L’intelligence peut-elle être expliquée par la génétique et l’épigénétique ?
Vous souhaitez traiter un sujet? Bonne idée... Contactez nous!
Webinaires FéFOG-GRISOF




Rendez-vous LORIER
Canal Détox : le vaccin contre la Covid-19 provoque-t-il des caillots sanguins ?Une étude récente a observé des microcaillots amyloïdes chez des personnes souffrant de Covid long. Sur les réseaux sociaux, certains les ont attribués aux vaccins contre la Covid-19, mais cette interprétation ne repose sur aucun fondement scientifique. |



À partir du 1er janvier 2026, le CNRS coupera l’accès à l’une des plus importantes bases bibliométriques commerciales : le Web of Science de Clarivate Analytics, ainsi que les Core Collection et Journal Citation Reports.
Depuis 2019 et la publication de sa première feuille de route pour la science ouverte, le CNRS mène une politique active en faveur de l’ouverture des résultats de la recherche et d’une nouvelle évaluation des scientifiques. À l’évaluation quantitative, fondée sur des indicateurs bibliométriques, le CNRS et bien d’autres institutions de recherche opposent une logique qualitative. C’est dans ce contexte que se comprend la décision du CNRS de couper l’accès au Web of Science (WoS) de Clarivate Analytics. C’est une étape essentielle dans la politique de science ouverte du CNRS. Il s’agit d’être en cohérence avec les principes de l’évaluation de la recherche, qui appellent d’une part à sortir de l’utilisation d’indicateurs bibliométriques quantitatifs et d’autre part d’accélérer le développement de solutions alternatives tournées vers des données ouvertes et transparentes.
FORMATIONS PEDAGOGIQUES organisées par le GRISOF
Les 13 formations proposées par le GRISOF pour renforcer et promouvoir la recherche scientifique

Vaccination par ARNm, une sécurité démontrée.
Sale temps pour les antivax, une étude française apporte la preuve de la réduction de la mortalité chez les patients vaccinés par des vaccins par ARNm contre la Covid avec une tolérance maîtrisée. L’étude publiée dans JAMA Network Open menée par EPI-PHARE, constitue à ce jour l’une des évaluations les plus robustes et les plus exhaustives concernant la sécurité des vaccins contre la Covid‑19.
Près de 30 millions de français inclus.
L’objectif était d’évaluer la mortalité toute cause confondue à quatre ans chez des individus âgés de 18 à 59 ans ayant reçu au moins une première dose d’un vaccin à ARNm contre la COVID-19 comparativement à des individus non vaccinés. L’étude d’EPI-PHARE repose sur l’exploitation du Système national des données de santé.
La cohorte comprend un total de 22,7 de millions d’individus vaccinés et 5,9 millions d’individus non vaccinés.
Une mortalité réduite de 25% chez les personnes vaccinées
Les résultats présentés confirment l’absence de sur-risque majeur associé aux vaccins à ARNm sur le court, moyen et long terme. La mortalité toutes causes confondues apparaît significativement plus faible chez les individus vaccinés que chez les non-vaccinés.
Cette réduction, estimée autour de 25 %, traduit à la fois la protection directe contre les formes graves de Covid‑19 et l’absence d’augmentation d’autres causes de décès attribuables à la vaccination. L’analyse ne met en évidence aucun excès de mortalité cardiovasculaire, cancérologique ou d’origine indéterminée. S’agissant de la mortalité hospitalière liée à la Covid‑19, la vaccination réduit drastiquement le risque, avec une efficacité de l’ordre de 70 à 80 % selon l’âge et la période étudiée.
L’étude confirme également la bonne tolérance des vaccins à ARNm, y compris chez les sujets jeunes. Les myocardites associées à la vaccination sont bien identifiées mais demeurent rares, le plus souvent bénignes et d’évolution favorable. À moyen terme, aucune augmentation des complications cardiovasculaires n’a été observée chez les personnes ayant présenté une myocardite post‑vaccinale, en comparaison de celles survenues après une infection par le SARS‑CoV‑2. En parallèle, EPI-PHARE ne retrouve pas d’augmentation significative du risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral ou d’embolie pulmonaire après la vaccination, quel que soit l’âge.

Intégrité académique / Lettre 102 – 17 décembre 2025
Dans un climat académique morose, nous cherchons toujours des recherches et des actions à mener pour être des gardiens de l’intégrité et des résistants de la connaissance. Ensemble, nous y parvenons, même si les faits semblent se liguer contre nous.
Recherche : Nous avons réalisé ce mois-ci une nouvelle enquête qualitative auprès d’enseignants-chercheurs de France, Canada, Belgique et Suisse sur le thème « Le métier d’enseignant-chercheur : le poids de l’administration ».
Le premier rapport intermédiaire d’analyses nous interpelle, car un paradoxe émerge. Il peut se résumer ainsi : plus j’aime mon métier d’enseignant-chercheur, plus je m’investis dans la recherche de financement et je me déplace pour des conférences, et plus j’ai de charges administratives. Donc, j’ai de moins en moins de temps à accorder à mon cœur de métier.
Communications : Le 5e colloque international de l’IRAFPA : Les métiers universitaires : quand la souffrance se dit vous attend du mercredi 17 juin au vendredi 19 juin 2026.
Notre colloque, présidé par Paulo Peixoto, se déroulera dans un climat amical et studieux. Il vous permettra de contribuer personnellement au renforcement de la culture de l’intégrité académique.Il aura lieu sur le campus de l’Université de Coimbra situé à Figueira da Foz (Coimbra plage, Portugal).
Formation continue : Pour ceux qui souhaitent se mobiliser activement pour l’intégrité académique, nous leur suggérons de s’inscrire à l’une ou l’autre de nos Écoles d’été (attention : il n’y a que 12 places dans chacune pour garantir le dynamisme des débats entre les participants).
Implémenter une culture de l’intégrité académique (6–7 juillet 2026) : toutes les personnes qui exercent des responsabilités institutionnelles et ont la charge d’un dialogue entre différentes parties peuvent ici acquérir, non seulement le vocabulaire précis de l’intégrité, mais aussi les compétences en matière de dispositifs adaptés à un contexte en mutation.
Conseiller en intégrité académique (9–11 juillet 2026) : toutes les personnes en situation de conseil, aussi bien auprès des dirigeants d’établissement que des agents académiques, quel que soit leur statut (enseignants, chercheurs, doctorants, administratifs…) pourront ici confirmer et/ou développer leurs compétences.
Publications :
Catherine Guaspare et Michel Dubois nous proposent l’ouvrage L’intégrité scientifique. Sociologie des bonnes pratiques (PUF, 2025). J’ai apprécié sa structure respectueuse du lecteur, le caractère systématique et rigoureux de la réflexion, ainsi que la qualité et la fluidité de l'écriture. L’ouvrage a le mérite d'inciter le lecteur à quitter une démarche qui ne serait que juridique et de convaincre ceux qui encadrent l'intégrité scientifique d’approfondir leur réflexion.
Michelle Bergada publie L’intégrité académique, du concept à l’action (EMS, janvier 2026), ouvrage qui présente les concepts clés en s’appuyant sur de nombreux exemples issus d’un travail de terrain de 20 ans, plus de 200 cas de médiations et de commissions d’éthique, quatorze écoles d’été et cinq colloques interdisciplinaires.
Heidi Reed (France) et Cinta Gallent-Torres (Espagne) ont coordonné le Vol. 3 n° 1, en anglais et en libre accès, des Cahiers de l’IRAFPA.
À tous : l’équipe de l’IRAFPA souhaite de belles fêtes de fin d’année. Que vous soyez entourés de ceux qui vous sont chers.
Pr. Michelle Bergadaà, MBA, Ph.D.Présidente de l’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat AcadémiquesProfesseure émérite, Université de Genève
Rapport sur la désinformation. Mathieu Molimard.
La version française de notre rapport sur 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻 𝘀𝗮𝗻𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗲́𝘀𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 est désormais 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲́. Fruit de 𝗾𝘂𝗮𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 et de 𝟭𝟱𝟲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗹𝗶𝗾𝘂𝗮𝗻𝘁 𝟮𝟳𝟬 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀, il dresse un 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗮𝗴𝗲́ et débouche sur 𝟵 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗺𝗺𝗮𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀. Le rapport sera 𝗿𝗲𝗺𝗶𝘀 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗦𝗮𝗻𝘁𝗲́ 𝗹𝗲 𝟱 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟲.. 𝗨𝗻 𝗶𝗺𝗺𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗺𝗲𝗿𝗰𝗶 à toutes celles et ceux qui ont accepté de nous accorder du temps, de partager leurs analyses, leurs expériences et parfois leurs inquiétudes. Leur engagement et la qualité des échanges ont été déterminants pour nourrir ce travail. Le travail se poursuit désormais avec la 𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗻𝗴𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁.. La lutte contre la désinformation en santé 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗼-𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀𝗲 : elle doit aussi se construire 𝗮𝘂 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗲𝘂𝗿𝗼𝗽𝗲́𝗲𝗻, face à des enjeux informationnels largement transnationaux..
𝗠𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗿, 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲́𝗴𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀, 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 : un enjeu de santé publique qui dépasse les frontières
.hashtag#SantéPublique hashtag#Désinformation hashtag#InformationEnSanté hashtag#Science hashtag#Europe hashtag#HealthInformation hashtag#InfodemiologyDominique Costagliola, Herve Maisonneuve, Stephanie RIST, Lise ALTER, Line FARAH, Yannick NEUDER, Fabrice Moreau, Ariane Vincent, Ministère de la Santé, Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace

L’indice H de la suspicion : comment la culture, les incitations et l’IA mettent à l’épreuve l’intégrité scientifique
L'IA générative rend la création de falsifications scientifiques d'une simplicité déconcertante, leur donnant une apparence authentique : données convaincantes, graphiques impeccables, voire études entières qui échappent aux contrôles automatisés et aux relecteurs humains. Dans cet éditorial, je décris un jeu de données et une analyse délibérément fabriqués, à l'aide d'un modèle d'IA ayant trompé les détecteurs d'anomalies classiques. Cet épisode met en lumière un problème croissant : si les solutions techniques comme la blockchain peuvent rassurer, elles ne peuvent résoudre les pressions culturelles plus profondes qui, au sein de la science, privilégient la rapidité et la nouveauté au détriment de la rigueur et de la vérification. Un travail plus approfondi, consistant à valoriser la réplication, la transparence et la rigueur, pourrait s'avérer utile, car l'IA peut amplifier les incitations que nous mettons en place.
Accélérer la science grâce à l'interaction humain-IA : revue
Ce numéro du NEJM AI présente les deux premiers articles publiés grâce à notre processus d'évaluation accéléré combinant humain et IA. Ce numéro du NEJM AI présente deux essais contrôlés randomisés, menés par Afshar et al. et Lukac et al., qui évaluent rigoureusement l’impact de ces assistants sur l’épuisement professionnel des cliniciens et le temps consacré à la documentation. Les deux études ont fait l’objet d’un examen et d’une révision approfondis, avec toutefois une différence importante par rapport à notre processus d’évaluation habituel : des évaluateurs humains et des évaluateurs IA ont participé à ce processus. Cela nous a permis d’informer les auteurs de l’acceptation provisoire de leurs manuscrits dans les sept jours suivant leur soumission, sous réserve de modifications pertinentes. Les articles d'Afshar et al. et de Lukac et al. ont suivi la même procédure que celle appliquée à tous nos articles de recherche, mais accélérée grâce à l'évaluation par IA et à un retour éditorial rapide.
Bien que l'IA nous ait incontestablement permis d'accélérer le processus, les manuscrits ont fait l'objet de débats approfondis au sein de l'ensemble de l'équipe éditoriale et ont été substantiellement révisés en tenant compte des commentaires humains et de ceux de l'IA. Les deux manuscrits ont ensuite été soumis à l'ensemble du processus d'édition, de correction et de mise en page avant d'être publiés dans leur version finale.
Glucocorticoïdes pour la pneumonie en Afrique — Une thérapie ancienne, un nouveau contexte
Résultats de l'essai SONIA (Steroids in Pneumonia),une étude pragmatique et randomisée menée dans 18 hôpitaux kenyans disposant de capacités de soins intensifs limitées.. Cet essai a inclus 2 180 adultes atteints de pneumonie communautaire et admis dans des services de médecine générale et comparé les soins standards à ces mêmes soins associés à une corticothérapie de 10 jours (équivalent à 50 mg de prednisolone, de préférence par voie orale). À 30 jours, la mortalité était de 22,6 % avec les glucocorticoïdes, contre 26,0 % avec les soins standards (risque relatif de décès : 0,84 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,73 à 0,97 ; p = 0,02). Bien que modeste, cette différence absolue de 3,4 points de pourcentage représente un impact potentiellement important sur la santé publique dans une région où la mortalité liée à la pneumonie communautaire demeure élevée.
En raison de contraintes budgétaires, la gravité de la pneumonie communautaire n'a pas été évaluée dans cet essai, ce qui rend difficile la comparaison avec d'autres études. Cependant, plus d'un tiers des patients présentaient une hypoxémie initiale et près de 10 % une hypotension, ce qui laisse supposer qu'un nombre important d'entre eux souffraient d'une forme grave de la maladie.
L’essai SONIA représente bien plus qu’une simple étude de confirmation. Pour les cliniciens africains, il offre des données locales et pertinentes au contexte, une rareté dans la recherche mondiale en soins intensifs. Historiquement, les praticiens africains ont dû s’appuyer sur des données issues de contextes aux ressources et aux profils de patients très différents, souvent avec des résultats incertains, voire néfastes, lorsqu’elles étaient appliquées localement, comme l’ont montré des études antérieures sur la septicémie et la réanimation liquidienne.

Un ancien responsable de la santé publique, un éleveur de moustiques et un bébé au sourire devenu iconique : voici quelques-unes des personnalités remarquables sélectionnées par Nature ’s 10.
Que 2026 soit l'année où le monde s'unit pour la sécurité de l'IA
Les technologies d'IA doivent être sûres et transparentes. Il y a peu, voire aucun avantage, à ce que les efforts déployés en externe le soient.
Il n'est pas nécessaire d'être devin pour savoir que l'année à venir sera marquée par de nouvelles avancées en intelligence artificielle, avec une progression inexorable des modèles, publications et brevets, qu'ils soient nouveaux ou mis à jour. Si les tendances actuelles se confirment, de nombreux pays adopteront également des lois et réglementations supplémentaires relatives à l'IA. En 2023, au moins 30 lois de ce type ont été votées dans le monde, selon le rapport « Artificial Intelligence Index 2025 » publié par des chercheurs de l'université de Stanford, en Californie. L'année suivante, 40 autres ont été adoptées.
Ces deux dernières années, l'activité législative en matière d'IA a été particulièrement intense en Asie de l'Est et dans le Pacifique, en Europe et dans certains États américains. À eux seuls, les États américains ont adopté 82 projets de loi relatifs à l'IA en 2024. On observe toutefois des zones de relative stagnation : l'activité est restée relativement faible dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Parallèlement, le gouvernement fédéral américain va à contre-courant en annulant des travaux sur les politiques en matière d'IA et en contestant les lois étatiques sur le sujet
LIVRES RECENTS

Vincent Bontems,
Fictions scientifiques.
Et si Borges avait connu l'IA ?
En 1944 parut Fictions, huit nouvelles qui ont révolutionné la littérature spéculative. Et si Jorge Luis Borges avait connu l’intelligence artificielle, aurait-il eu besoin d’hypothèses fantastiques pour instiller leur vertige métaphysique Philosophe des techniques, Vincent Bontems revisite les fictions borgésiennes à la lumière des évolutions technologiques en cours.
Comment une IA réputée omnisciente modifiera-t-elle les cartes du monde ? Un auteur peut-il écrire après sa mort ? L’histoire de la physique est-elle modifiable rétrospectivement ? Un jeu vidéo convertira-t-il à l’anarchisme les jumeaux numériques ? Chaque livre peut-il n’être lu que par un seul lecteur ? Le Web of Science sera-t-il englouti dans un océan de science vaudou ? Que se passera-t-il quand nos rêves deviendront des arbres de décisions surveillés par le gouvernement ? Les descendants d’une colonie spatiale reconnaitraient-ils la planète qu’ont quittée leurs ancêtres ? Autant d’expériences de pensée qui, à en croire l’auteur, ne relèvent plus de la spéculation sauvage mais de « fictions scientifiques ».
Vincent Bontems est directeur de recherche au CEA et professeur à l’Université Paris-Saclay. Il enseigne l’éthique des techniques, la philosophie de l’innovation et le prototypage de science-fiction.
Le temps n'oublie pas. Auteur: Jean-Jacques Santini


Commentaire de Yasmine Belkaid
Il y a quelques mois, j’ai eu l’honneur d’être invitée par Francoise Combes, présidente de l’Académie des sciences, à contribuer à un ouvrage collectif consacré à « Genre et sciences ».
Les femmes ont toujours participé aux grandes avancées scientifiques. Pourtant, leur contribution demeure encore trop souvent invisibilisée, et leur accès aux carrières, aux responsabilités et à la reconnaissance reste entravé.
Ma conviction est simple : la science a besoin de diversité pour être excellente. Des équipes diverses posent de meilleures questions, bousculent les certitudes et ouvrent de nouveaux champs de réflexion. À l’inverse, lorsque l’on recrute toujours les mêmes profils, on reproduit les mêmes schémas — et l’innovation s’en trouve appauvrie. Le problème n’est pas un supposé « manque de confiance » des femmes. Il réside dans des structures, des biais — parfois inconscients — et des règles du jeu historiquement construites sans elles. C’est précisément l’ambition de cet ouvrage collectif, auquel j’ai eu le plaisir de contribuer aux côtés de chercheuses et chercheurs de disciplines variées (biologie, mathématiques, sociologie, droit, philosophie) : mettre en lumière ces mécanismes et proposer des pistes concrètes pour les transformer.




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