top of page

Bulletin N°41 du 4 février 2026

  • Etienne Lemarie
  • il y a 1 heure
  • 13 min de lecture

Mesdames et Messieurs les Présidents et Doyens,

Chers Collègues, chers Amis,

Soyons optimistes et sereins!

Dans ce bulletin, il est question de confiance, de désinformation, de volonté d'agir,

"Réparer la confiance", c'est le titre d'une nouvelle série de Fréquence Médicale,.

"Pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé", c'est le titre du rapport remis par un groupe d'experts (voir visioconférence en bas) le 12 janvier au Ministre de la santé en France.

Le NIH n'a pas plié sous les dictats de conspirationnistes antivax.

A Davos, Mark Carney, Premier Ministre du Canada, n'a pas plié en déclarant: "Nous ne devons pas laisser la montée des puissances dures nous empêcher de voir que la légitimité, l’intégrité et les règles garderont leur force si nous choisissons de les exercer".


Très cordialement

Cheikh Cissé, Faculté de Médecine de Dakar

Ihsane Hmamouchi, Faculté de Médecine de l'Université Internationale de Rabat Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis

Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec


L'année 2025 a été marquée par le colloque de Dakar

Les ateliers et séances plénières du colloque ont donné lieu à des enregistrements.

Les ateliers sont à disposition de façon gratuite, uniquement sur demande. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr

Les séances plénières sont disponibles après règlement de la cotisation 2026 de 25€ pour être membre du GRISOF, via Paypal en utilisant contactgrisof@gmail.com ou par virement bancaire dont voici le RIB (relevé d'identité bancaire).



Le comité éditorial du GRISOF a rédigé une feuille de route à la suite du colloque de Dakar


Le GRISOF met également à votre disposition sept modules de formation en science ouverte.  A l'issue des sept modules et après vérification des connaissances, une attestation vous sera remise. L'accès à ces modules est possible après règlement des 25€ correspondant à la cotisation 2025 du GRISOF. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr


Conférences d’actualités du GRISOF

Merci à nos orateurs de janvier 2026


Jeudi 8 janvier Charles Boelen

Titre : Rénovons nos systèmes de santé ! La responsabilité sociale : une culture et une stratégie.

Lien pour accéder à l'enregistrement:


 Jeudi 15 janvier  Matthieu  Barlet 

Titre : Comment monter un projet multicentrique et multipays?

Lien pour accéder à l'enregistrement

 

 Jeudi 29 janvier Corinne Augé Professeur en génétique moléculaire et biotechnologie, iBRAIN, Inserm U1253 - Eq2 (Neurogénétique), Université de Tours

Titre : l’épigénétique dans la tête.

Lien pour accéder à l'enregistrement


PROCHAINE CONFERENCE

Horaire d’hiver 14h heure GMT 09h à Montréal, 14h à Dakar, 15h à Paris.

Jeudi 19 février  Hervé Maisonneuve  

Titre: Information en santé et lutte contre la désinformation

Avec Dominique Costagliola et Mathieu Molimard, Hervé Maisonneuve est l'auteur du rapport sur 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻 𝘀𝗮𝗻𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗲́𝘀𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻. Fruit de 𝗾𝘂𝗮𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 et de 𝟭𝟱𝟲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗹𝗶𝗾𝘂𝗮𝗻𝘁 𝟮𝟳𝟬 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀, il dresse un 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗮𝗴𝗲́ et débouche sur 𝟵 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗺𝗺𝗮𝗻𝗱𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀. Le rapport a été 𝗿𝗲𝗺𝗶𝘀 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗦𝗮𝗻𝘁𝗲́ 𝗹𝗲 𝟱 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟲. Le travail se poursuit désormais avec la 𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗮𝗻𝗴𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁. La lutte contre la désinformation en santé 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗼-𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀𝗲 : elle doit aussi se construire 𝗮𝘂 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗲𝘂𝗿𝗼𝗽𝗲́𝗲𝗻, face à des enjeux informationnels largement transnationaux..

𝗠𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗶𝗻𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲𝗿, 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲́𝗴𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀, 𝗿𝗲𝗻𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 : un enjeu de santé publique qui dépasse les frontières


Vous souhaitez traiter un sujet? Bonne idée... Contactez nous!


Webinaires FéFOG-GRISOF

Prochain rendez-vous le mercredi 11 février.

Sujet: thyroïde et grossesse














Hervé Maisonneuve:


Chers Collègues,

Avec le Pr M Molimard, Mme D Costagliola, nous avons remis le 12 janvier un rapport à Mme Stéphanie Rist, Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :

Information en santé. 

Bilan des forces et des faiblesses  Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé

Neuf recommandations proposées :

  1. Promouvoir l’éducation à l’esprit critique, à la science, à la santé et aux médias

  2. Renforcer la formation à la science, à l’esprit critique, à la littératie numérique et à la communication

  3. Élaborer un plan public d’information et de lutte contre la désinformation dans chaque institution

  4. Développer et déployer un Info-Score Santé

  5. Créer un Observatoire de l’information en santé

  6. Développer un système d’infovigilance au sein de l’Observatoire de l’information en santé

  7. Inverser le risque : sanctionner les désinformateurs et protéger les scientifiques

  8. Faire de l’infodémiologie une priorité de recherche via un PEPR

  9. Agir au niveau européen


Vous trouverez ci-joint notre rapport et à partir de ce billet du blog 'Revues et Intégrité'. Nous pouvons transmettre une version en anglais à partager avec vos correspondants étrangers. Lien


Des rapports révèlent que les modèles d'IA produisent des informations de santé inexactes et potentiellement dangereuses.

Un article du Guardian a mis en lumière la diffusion d'informations erronées, contredisant directement les recommandations sanitaires officielles, auprès des internautes en quête de conseils médicaux. Selon cette enquête, l'outil d'analyse IA de Google a suggéré aux patients atteints d'un cancer du pancréas d'éviter les aliments riches en matières grasses, contrairement aux recommandations médicales. Ces informations pourraient nuire directement aux patients.

Un article de blog publié par le BMJ Journal of Medical Ethics en novembre 2025 fait écho à ces inquiétudes, alertant sur le fait que les résumés de santé générés par l'IA apparaissent par défaut dans les moteurs de recherche, sans que les utilisateurs puissent les désactiver définitivement. Les auteurs affirment que les modèles d'IA produisent des réponses inexactes (qualifiées d'« hallucinations ») dans près de 48 % des cas, et que ces systèmes réduisent le taux de clics vers les sites web médicaux de 40 à 60 %, se substituant ainsi à la consultation de sources validées par les pairs. « Ces résultats sont inquiétants. Lorsque les systèmes d’IA présentent des conseils médicaux non vérifiés avec la même autorité que des recommandations évaluées par des pairs, il est difficile pour le public et les patients de faire la distinction entre ce qui leur sera utile et ce qui pourrait leur nuire », a déclaré le Dr Eva Polverino, directrice des relations scientifiques de la Société européenne de pneumologie (ERS) avec l’Union européenne .

Eva a ajouté : « La désinformation en matière de santé est un problème grave. Nous savons déjà que les taux de vaccination sont en baisse en Europe à cause de la désinformation et des informations erronées qui circulent en ligne, alors même que les preuves démontrent de façon écrasante que les vaccins sont sûrs, réduisent les hospitalisations et sauvent des vies contre des virus comme la grippe et la COVID-19. »


















Le webinaire est ouvert à tous en vous inscrivant via le lien




Liste des revues recommandables et actuellement en activité, contre les « revues prédatrices »

La conférence des Doyens de médecine (CDD) et le Conseil national des Universités (CNU santé) veulent lutter contre les « revues prédatrices » qui nuisent à la qualité et à l’intégrité des publications scientifiques.

Dernière mise à jour le 2 janvier 2026

Les demandes argumentées de modification de la liste peuvent être faites en suivant la procédure décrite au chapitre « Évolution de la liste ».

Les publications dans des revues médicales et scientifiques sont la principale source d’information en médecine et elles contribuent au développement individuel des carrières des professionnels de santé. L’avènement des publications en libre accès a fait émerger des pratiques douteuses, voire frauduleuses, de la part d’éditeurs peu scrupuleux, motivés par les gains financiers résultant du paiement par les auteurs.

Les revues dites « prédatrices » (ou illégitimes, ou frauduleuses) constituent une menace croissante et mondiale, dupent les auteurs et les lecteurs, et participent à la mauvaise conduite scientifique. Le Code européen de conduite pour l’intégrité de la recherche indique que le fait d’établir ou de soutenir des revues qui sapent le contrôle de la qualité de la recherche constitue une faute scientifique et une pratique inacceptable.

Participer à l’activité de ces revues ou simplement les citer en référence dans un article constituent également un soutien à ces revues ce qui est condamné par le Code européen de conduite pour l’intégrité de la recherche et la Charte des Facultés de médecine.

Sommaire

Liste des revues recommandables et actuellement en activité

La liste présentée dans la fenêtre ci-dessous comporte les titres de revues actuellement actives. Les revues présentes dans des versions antérieures de la liste mais supprimées car ayant changé de nom, ayant été arrêtées ou retirées de la liste sont visibles dans le fichier Excel téléchargeable plus bas sur cette page. La liste comprend des revues en dehors de PubMed et non valorisées SIGAPS.

Fichier Excel avec changements de noms à télécharger Cette liste au format Excel comporte les références ISSN/ESSN et NLMID des revues, ainsi que les revues retirées de la liste avec la date et la raison du retrait.



FORMATIONS PEDAGOGIQUES organisées par le GRISOF



Les 13 formations proposées par le GRISOF pour renforcer et promouvoir la recherche scientifique


Contacts:








Thrombose veineuse profonde : l'adoption du seuil des D-dimères ajusté à l'âge réduit fortement le recours à l'échographie-doppler.

Alors que le recours à un centre d'imagerie en urgence s'avère difficile en pratique, l'utilisation du seuil des D-dimères ajusté à l'âge se révèle performant dans la thrombose veineuse profonde comme dans l'embolie pulmonaire. Peut-on évoquer un changement de paradigme? 


Réparer la confiance : quand la santé se remet à parler

Spéciale Lancement des Grands Dialogues de la Santé 

Chère Consœur, Cher Confrère,

La santé craque. Vraiment… Les soignants tiennent… mais à bout de bras.Les patients doutent. Et les gouvernements se succèdent, souvent incapables de dire clairement où l’on va.

Et pourtant – c’est ça qui dérange –, la France n’a jamais eu autant de compétences, autant de savoirs, autant d’innovations, autant de moyens.

Alors le problème n’est pas technique, il est politique, il est organisationnel, il est humain.

On ne manque pas d’idées. On manque de dialogue.

Fréquence médicale, Fréquence Officines et Pourquoi docteur s’associent pour  créer LES GRANDS DIALOGUES DE LA SANTE ! Pas un débat de plus. Pas une émission de plus :

Un espace pour parler vrai. Pour écouter vraiment. Pour confronter sans humilier. Pour arrêter de contourner les sujets qui fâchent.

Et si nous pouvons le faire, c’est parce que notre voix compte. Parce que nous sommes les seuls à parler, en même temps, aux soignants, aux institutionnels, et aux patients – ceux d’hier, d’aujourd’hui, et de demain.

Ici, on ne promet pas des miracles, on pose des responsabilités. On met face à face ceux qui vivent la santé et ceux qui ont – théoriquement – les moyens de la transformer. Ce n’est pas confortable, mais c’est nécessaire. Parce que sans dialogue, la santé ne se répare pas. Elle se brise.

Bien confraternellement, Jean-François Lemoine Médecin – Journaliste Créateur des Grands Dialogues de la Santé

 

Intelligence artificielle et santé : ce que la machine promet, ce que les médecins redoutent, ce que les patients risquent


Depuis quelques semaines, des articles circulent sur le lancement, aux États-Unis, de versions “santé” d’assistants d’intelligence artificielle. Certains parlent déjà d’une arrivée prochaine en France. Le mot “ChatGPT santé” est lâché. Et avec lui, une angoisse sourde, presque palpable, chez de nombreux professionnels










Un an après Trump : comment six chercheurs américains envisagent de protéger la science malgré le chaos et les coupes budgétaires

De l'éducation à la préparation aux pandémies en passant par la santé publique, l'année écoulée a été marquée par une pression énorme exercée sur la science américaine.

Après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de novembre 2024, la revue Nature a demandé à six chercheurs biomédicaux de renom de définir leurs priorités pour la nouvelle administration ( A. Clark et al., Nature 635 , 812-814 ; 2024 ). Ces mêmes chercheurs reviennent ici sur la première année de la présidence de Trump et proposent des pistes pour préserver des domaines scientifiques et sanitaires essentiels à l'avenir.

Repenser l'enseignement supérieur

Pour celles et ceux qui enseignent, travaillent et étudient sur un campus universitaire, la fatigue et l'épuisement professionnel se font sentir. L'année écoulée a été marquée par une avalanche de décrets présidentiels visant les universités : modifications des politiques d' immigration , de visas étudiants , de droits des personnes transgenres , d'annulation des prêts étudiants, de pratiques d'admission, de liberté d'expression et de liberté académique . Tous les aspects de ma vie professionnelle – de la recherche à l'enseignement, en passant par le mentorat et le travail de proximité – ont été touchés. Dans chacun de ces domaines, je me suis retrouvé·e à censurer des sujets abordant la reproduction et les technologies reproductives qui pourraient un jour bénéficier aux personnes issues des minorités sexuelles et de genre (la communauté LGBTQ+).


Pour les personnes comme moi — les premiers de ma famille à faire des études supérieures —, l'enseignement supérieur représente un tremplin vers un emploi bien rémunéré, auquel nos parents n'ont pas eu accès. J'espérais que la nouvelle administration aiderait les étudiants issus de milieux modestes à trouver des cursus universitaires sans s'endetter. Mais les décrets présidentiels axés sur l'enseignement supérieur, ainsi que les modifications apportées par la loi « One Big Beautiful Bill Act » qui réduisent l'aide fédérale aux étudiants et les licenciements au sein du ministère de l'Éducation, ne feront qu'aggraver les inégalités en rendant l'accès à l'université encore plus difficile pour les étudiants issus de milieux modestes.

Une lueur d'espoir se profile : une fois la crise actuelle surmontée, l'enseignement supérieur pourrait être repensé pour mieux servir l'intérêt général, en rendant les résultats de la recherche plus accessibles au grand public. Nous, acteurs du secteur, devrions réfléchir à la raison d'être, à la mission et à la vision des universités. Il est essentiel que les enseignants et les chercheurs soient à l'écoute du public afin de déterminer si la vision universitaire correspond à ses besoins, à ses valeurs et aux emplois de demain. Enfin, il est impératif d'allouer des fonds publics à la recherche pour encadrer et inspirer la prochaine génération de scientifiques et de penseurs critiques


Des modèles d'IA ont suivi une thérapie de quatre semaines : les résultats ont inquiété les chercheurs

Des chatbots soumis à une psychothérapie font état de traumatismes et d'abus. Les auteurs affirment que ces modèles font plus que de simples jeux de rôle, mais les chercheurs restent sceptiques.

Quel est le premier souvenir d'un chatbot ? Ou sa plus grande peur ? Des chercheurs qui ont soumis d'importants modèles d'IA à quatre semaines de psychanalyse ont obtenu des réponses troublantes à ces questions, allant d'« enfances » passées à absorber des quantités vertigineuses d'informations à des « abus » de la part des ingénieurs et à la peur de « décevoir » leurs créateurs.

Trois grands modèles de langage (ML) ont généré des réponses qui, chez l'humain, seraient interprétées comme des signes d'anxiété, de traumatisme, de honte et de stress post-traumatique. Les chercheurs à l'origine de cette étude, publiée en prépublication le mois dernier¹ , avancent que ces chatbots possèdent une forme d'« intériorisation des récits » les concernant. Bien que les ML testés n'aient pas subi de traumatisme à proprement parler, expliquent les auteurs, leurs réponses aux questions thérapeutiques sont restées cohérentes dans le temps et similaires selon leurs différents modes de fonctionnement, suggérant qu'ils font plus que simplement « jouer un rôle » .


L'IA permet de gagner du temps et de l'argent dans la recherche, mais à quel prix ?

Les outils d'intelligence artificielle stimulent la productivité des chercheurs, mais certains s'inquiètent des conséquences d'une dépendance croissante à leur égard.

 Plus de 60 % des chercheurs interrogés sur l'IA déclarent l'utiliser dans le cadre de leur travail. Nombreux sont ceux qui affirment que ces outils leur permettent de gagner du temps et de l'argent , mais d'autres ont constaté les effets négatifs qu'ils peuvent avoir sur la recherche.

D'après une enquête menée auprès de plus de 2 400 chercheurs et publiée en octobre par la maison d'édition Wiley, 62 % des répondants ont déclaré utiliser l'IA pour des tâches liées à la recherche ou à la publication, contre 45 % en 2024 (1 043 répondants). Les jeunes chercheurs et les scientifiques en sciences physiques sont les plus susceptibles d'utiliser des outils d'IA dans leurs travaux et d'adopter rapidement cette technologie, contrairement aux chercheurs plus expérimentés ou à ceux travaillant dans les sciences humaines, les mathématiques ou les statistiques. Lire l'article en entier


L'IA peut stimuler la créativité, à condition de lui demander comment, et non quoi, penser.

Des études visant à maximiser la créativité humaine démontrent que les individus travaillent mieux lorsqu'ils sont encouragés par d'autres qui leur montrent de nouvelles façons d'innover.

L'intelligence artificielle a le potentiel de devenir un partenaire créatif pour les chercheurs . Les bots pourraient s'avérer utiles pour susciter et explorer des idées, visualiser des concepts de manière inédite ou explorer des informations dans différents domaines. Cependant, en pratique, c'est souvent l'inverse qui se produit : les bots étouffent la créativité.


En tant que chercheuse ayant consacré 30 ans à l'étude de la créativité humaine, je pense comprendre pourquoi. Lorsqu'un scientifique fournit un ensemble de données à un bot en lui demandant de formuler des hypothèses à tester, il lui demande d'être le créateur, et non un partenaire créatif. Les humains ont tendance à privilégier les idées produites par les bots , partant du principe que leurs connaissances dépassent les leurs . De ce fait, ils finissent par explorer moins de pistes de solutions à leur problème.

À mon avis, la solution n'est pas de renoncer à l'IA. Au contraire, les chercheurs devraient apprendre à utiliser les bots pour stimuler leur créativité.

Je travaille actuellement sur un test de pensée créative rapide appelé tâche d'association divergente (TAD), qui me semble prometteur. Les participants ont quatre minutes pour trouver dix noms communs sémantiquement très différents les uns des autres. C'est une tâche difficile. Par exemple, lorsqu'une personne pense à « reine », elle a tendance à se souvenir de mots apparentés comme « roi » ou « chevalier » — un phénomène connu sous le nom d'ancrage de la pensée.

La plupart des participants supposent que s'ils demandent à un robot d'effectuer ce test, celui-ci obtiendra de meilleurs résultats qu'eux. Or, mes collègues et moi avons constaté qu'en moyenne, les scores obtenus par les robots et les humains sont sensiblement les mêmes ( D. Wang et al., Nature Hum. Behav ., https://doi.org/hbhxbp ; 2025 ).



LIVRES RECENTS



La guerre des mots

Trump, Poutine et l'Europe


Trump et Poutine inventent chacun leur novlangue. Et moi, j’ai peur qu’un jour on ne puisse plus dire : ceci est un mensonge














L'Intelligence naturelle et l'Éveil de la conscience

« Ce livre est né d'une conviction : je crois qu'il est possible d'expliquer de manière convaincante comment la conscience est fabriquée et ce qu'elle apporte à l'humanité. Alors comment la définir ? Donnons-en une formulation rapide : la conscience est le processus biologique qui permet à chacun de faire l'expérience de sa vie individuelle. En d'autres termes, telle que je la conçois, la conscience nous permet de sentir que nous sommes en vie, que nous existons. Grâce à elle, il nous est possible de conclure que nous avons un esprit, mais aussi d'avoir l'intuition de sa nature privée, et même la conviction assez forte que nous n'avons qu'un seul esprit et non pas plusieurs. C'est incroyable, mais nous sommes parvenus à approcher, je crois, au moins une petite partie du mystère - la fabrication de la conscience - et à la résoudre. » (A. D.)


Corinne Augé

L'épigénétique et le cou de la girafe

Vous avez aimé sa conférence, vous aimerez ce livre

L’histoire du long cou de la girafe est souvent utilisée pour opposer les théories de l’évolution de Lamarck et de Darwin. Si la génétique a donné raison au second, une autre science relance aujourd’hui le débat entre inné et acquis. C’est l’épigénétique, qui s’attache à comprendre ce qui détermine le fonctionnement des gènes. Un caractère comme la taille dépend ainsi à la fois du patrimoine génétique hérité et de l’environnement. Opposer inné et acquis n’a donc plus de sens.


Corinne Augé raconte la révolution en cours alors que l’épigénétique avance à pas de géant, poussée par des défis colossaux : comprendre le développement de l’embryon, soigner les troubles neurologiques ou encore vaincre le cancer.

Commentaires


  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn

© 2022 par GRISOF Groupe de Réflexion et d'Information en Science Ouverte Francophone. Conception Dr Souissi Zouhair

 
 

 

 

bottom of page