Bulletin N°46 du 4 septembre 2026
- Etienne Lemarie
- il y a 21 heures
- 15 min de lecture

Mesdames et Messieurs les Présidents et Doyens,
Chers Collègues, chers Amis,
Intelligence artificielle (IA) et science ouverte (SO) sont dorénavant inséparables. La SO, c'est l'ouverture, un accès de la société à la science. La SO n’est plus une utopie ; elle devient à grands pas la norme pour concevoir, produire et diffuser la recherche. L'IA, c’est une nouvelle technologie incontournable qui permet une production accélérée de contenus. IA et SO constituent un couple vertueux à plusieurs conditions. (1) Les contenus qui alimentent l'IA doivent provenir du nord et du sud. C'est le thème de la prochaine visioconférence de la Professeure et Vice-doyenne Ihsane Hmamouchi, Université Internationale de Rabat . (2) La SO doit constituer une véritable ouverture vers la science et les cultures du nord et du sud et en s’ouvrant, la science se transforme, son mode de diffusion évolue, d’un modèle d’accès limité à une communauté restreinte et spécialisée vers un écosystème des savoirs accessibles en réseau et accessible à tous. Ce dernier point dépend de ceux qui alimentent les données au moyen de la SO.
Un autre aspect dépend également de nous. L'IA est-elle à notre service? Etudiants, praticiens, chercheurs, sont-ils prêts à utiliser l'IA sans laisser la décision à l'IA au risque de devenir moins performants? Comment intégrer l'IA dans l'enseignement? "L’enseignement ne consiste plus à empêcher les étudiants d’utiliser ChatGPT mais à leur apprendre à s’en servir de manière critique : comparer, reformuler, déplacer les réponses de la machine. Le véritable apprentissage ne disparaît pas ; il change de lieu" Catherine Malabou.
Rappelons les cinq axes de travail du GRISOF pour cette nouvelle année universitaire.: (1) science ouverte : opportunités et obstacles, (2) IA dans la recherche scientifique : usages et mésusages, (3) IA dans l’enseignement, (4) Évaluation qualitative, (5) intégrité scientifique.
Très cordialement
Cheikh Cissé, Faculté de Médecine de Dakar
Ihsane Hmamouchi, Faculté de Médecine de l'Université Internationale de Rabat
Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours
Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis
Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec
Le bilan d'activité 2025 du GRISOF est disponible en cliquant ici

Suivez notre activité sur notre site grisof.org et sur le site de l'AUF https://www.auf.org/reseau/grisof-3/
Le GRISOF met à votre disposition sept modules de formation en science ouverte. A l'issue des sept modules et après vérification des connaissances, une attestation vous sera remise. L'accès à ces modules est possible après règlement des 25€ correspondant à la cotisation 2026 du GRISOF. Pour obtenir les codes d'accès, contactez lemarie@med.univ-tours.fr
Conférences d’actualités du GRISOF
Merci à nos orateurs de mai, juin et juillet 2026
Jeudi 21 mai Pr Sy Duong-Quy
Titre : La prise en charge mondiale du syndrome des apnées du sommeil en faveur des pays de faible et moyen revenus: pourquoi et comment?
Enregistrement: https://youtu.be/Y2tY26LwbmA?si=sCr1AKojDIrrz0ii
Jeudi 28 mai Pr Jean Sibilia
Titre : Le projet de la Faculté de Médecine Maïeutique et Sciences de la Santé de Strasbourg : un engagement pour la formation, la recherche, l'innovation et la responsabilité sociétale.
Enregistrement: https://youtu.be/u5p2-9t9rLg?si=PGt0tQ4i-HKguyYJ
Jeudi 4 juin. Pr Etienne Lemarié
Titre: La science ouverte va-t-elle résister à l’assaut de l’IA ?
Enregistrement: https://youtu.be/5Wzjk-YhAuE?si=PVN92E5c-dc_SWdg
Jeudi 11 juin Pr Yves Tremblay Université Laval, Québec
Titre: Révision qualitative par les pairs
Jeudi 2 juillet. Pr Patrice Debré (Paris), Pr Pierre M'Pelé (Brazzaville),
Pr Antoine Flahault. (Paris), en partenariat avec l'Académie de Médecine
Titre : Point de situation et quelques réflexions sur l'épidémie d'Ebola Bundibugyo.
Prochaines conférences
Jeudi 8 octobre. Pr Ihsane Hmamouchi. Université Internationale de Rabat (Maroc),
Titre. Science ouverte, intelligence artificielle et diversité linguistique : éviter les angles morts de la santé numérique
Jeudi 15 octobre. William Bayiha, Université de Montréal. PhD en Sciences humaines appliquées (Géopolitique de la santé)
Titre. Géopolitique de la Science Ouverte en Afrique: l’exemple des sciences de la santé
Jeudi 22 octobre. Pr Edouard Ngou-Milama. Faculté de Médecine et de Pharmacie de Libreville (Gabon).
Titre : Quelle formation pédagogique et comment enseigner les sciences de la santé dans le supérieur en Afrique Subsaharienne francophone.
Jeudi 29 octobre. Pr Cheikh Cisse. Université Cheikh Anta DIOP de Dakar
Titre: Humanisation des soins : une approche idoine en milieu africain pour améliorer la qualité des services et prévenir le risque médicolégal en Gynécologie-Obstétrique.
![]() Lire sur AUF actualités https://www.auf.org/actualites/![]() Lettre du GRISOF à propos de l'avenir de l'IRDL’IRD : l’Institut de Recherche pour le Développement, établissement public à caractère scientifique et technologique. Créé en 1943, l’IRD a récemment célébré ses 80 ans. Par son réseau et sa présence dans plus de 50 pays et son ancrage local, l’IRD contribue à mettre la science au service de l’action. Durant le mois de juillet 2026, des discussions se sont engagées à la demande de deux ministères de tutelle (Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace et Ministère de l’Europe et des affaires étrangères) en vue d’un rapprochement de l’IRD avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ces discussions s’inscrivent dans le cadre de la mission “État efficace” lancée par le Premier ministre le 19/09/2025. Ce projet d’intégration mériterait d’évaluer et de rendre visibles les effets produits. La démarche de l’IRD repose sur les principes suivants : respect des savoirs locaux, partage équitable des résultats, prise en compte des impacts sociaux et environnementaux. L’IRD fait de la science un levier d’émancipation, de démocratisation des savoirs et de transformation des sociétés. Ces principes rejoignent ceux du GRISOF dont le premier est celui d’une science ouverte au service des sociétés. Fidèle à sa philosophie fondée sur des partenariats respectueux, la confiance mutuelle et la co-construction, la promotion de la francophonie scientifique, le développement de la science ouverte, le GRISOF réaffirme son engagement aux côtés de l'ensemble des acteurs, en France comme partout dans le monde, et dont les travaux seraient fragilisés ainsi que le rayonnement international compromis. La recherche scientifique constitue un bien commun essentiel à la production des connaissances fondamentales nécessaires pour relever les défis scientifiques, environnementaux, sanitaires et sociétaux de demain. Préserver son excellence, la soutenir, la renforcer est plus que jamais un impératif. Marie Cauli, Etienne Lemarié, Yves Tremblay pour le comité éditorial du GRISOF
Un collectif d'ITA, de chercheurs et de chercheuses de l'IRD vient de lancer une pétition contre l'intégration de l'IRD dans le CNRS. Version Française : https://c.org/xyFm9KmMV7 Version Portugaise : https://c.org/dbdSPpZG9Z Version espagnole : https://c.org/w5rHWY9Nbw Version anglaise : https://c.org/CM6bH7MVjJ
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Les ressources produites par le programme intitulé Usage de l’IA centré sur le développement des compétences dans l’enseignement supérieur sont accessibles à travers les sites ci- dessous.
Ce programme a été organisé par la Mission de pédagogie universitaire de l’USJ, en partenariat avec la Commission nationale libanaise pour l’UNESCO et le soutien du Bureau régional de l’UNESCO. Il s’est décliné sur l’année académique 2025-2026 avec une activité mensuelle :
Trois conférences en ligne : Positionnement d’institutions d’enseignement supérieur dans le monde concernant l’usage de l’IA. Réglementation de l’IA par des instances internationales : actualités, enjeux, et perspectives. Ressources pédagogiques d’organisations internationales, notamment l’Unesco, pour un usage de l’IA centré sur l’humain
Trois tables rondes en ligne : Positionnement d’universités au Liban quant à l’usage de l’IA. Révision des programmes de formation à l’ère de l’IA dans des universités au Liban. Révision de la conception des travaux de recherche des étudiants à l’ère de l’IA dans des universités au Liban
Site de la Mission de pédagogie universitaire de l’USJ - MPU :
Site de l’Agence universitaire de la francophonie - AUF:



« Fournir la bonne information est la meilleure arme. » Face à la persistance de la désinformation en santé, quelle doit être la place de la communauté scientifique ?📊Fin 2025, 97 % des Français interrogés par l’Arcom déclaraient avoir été exposés à des fake news. La désinformation s’appuie notamment sur les émotions, les peurs et la confusion entre opinions et faits scientifiques. Dans le domaine de la santé, les conséquences peuvent être particulièrement importantes.Dans une interview croisée publiée dans le rapport d’activité de l’Inserm, Priscille Riviere Rivière, directrice adjointe du département de la Communication de l’Inserm, et Mathieu Molimard, chercheur Inserm à BPH Bordeaux Population Health - Centre de recherche sur la santé des populations de Bordeaux, reviennent sur les mécanismes de la désinformation en santé et les leviers pour y répondre.🔬 Pour la communauté scientifique, plusieurs enseignements se dégagent :🔸Occuper l’espace médiatique : former les scientifiques à la communication vers le grand public, dans leur domaine d’expertise.🔸Aller vers les publics : médias, réseaux sociaux, terrain… la diffusion de la culture scientifique suppose une présence active.🔸Structurer la réponse : éducation, formation, information fiable, régulation, détection, sanctions et recherche doivent être articulées.🔸Agir collectivement : depuis 2022, 120 à 150 chercheurs accompagnent Canal Détox pour répondre aux sollicitations des médias, produire des contenus et faire remonter les sujets émergents.La lutte contre la désinformation en santé sera longue. Pour être efficace, la communauté scientifique doit unir ses forces et construire des réseaux de confiance durables.👉 Découvrez l’intégralité de l’échange dans le rapport d’activité de l’Inserm.

FORMATIONS PEDAGOGIQUES organisées par le GRISOF
Les 13 formations proposées par le GRISOF pour renforcer et promouvoir la recherche scientifique
Contacts:


Premier vaccin thérapeutique néoantigénique individualisé : une avancée majeure.
L'annonce révélée par Moderna et Merck constitue une double première mondiale : c'est à la fois le premier vaccin thérapeutique néoantigénique individualisé et le premier traitement anticancéreux à base d'ARNm à réussir un essai de phase 3. A ce stade manquent toutefois des données chiffrées
Le concept de traitement sur mesure entre dans une nouvelle dimension grâce au vaccin personnalisé à ARNm. Merck et Moderna ont en effet annoncé le 19 août 2026 que l'intismeran autogène (également désigné V940 ou mRNA-4157), avait franchi avec succès la première étape de l'essai de phase 3 INTerpath-001. Cet essai, mené chez 1 137 patients ayant subi une exérèse chirurgicale d'un mélanome cutané à haut risque (stade IIB à IV complètement réséqué), comparait l'association intismeran autogène plus pembrolizumab (Keytruda) au pembrolizumab seul en traitement adjuvant. Le critère d'évaluation principal, la survie sans récidive, a été atteint : le risque de récidive ou de décès est réduit de manière statistiquement significative et cliniquement pertinente par rapport à Keytruda seul.
Mort subite : l'IA couplée à l'ECG découvre un nouveau signal pour la prédire
Un modèle d'apprentissage profond appliqué à l'électrocardiogramme a révélé un nouveau signal inconnu à ce jour. Ce qui suggère l'existence d'une population à risque élevé de mort subite, totalement méconnue des outils actuels et potentiellement accessible à une confirmation par surveillance ambulatoire avant la pose d'un défibrillateur. Avec cette découverte qui doit être confirmée, l'IA ouvre des nouveaux champs à la recherche.

Comprendre les « modèles de fondation », ces nouvelles infrastructures numériques à la base de nombreuses applications d’IA
La polyvalence des modèles de fondation les transforme en une nouvelle « infrastructure » numérique, au même titre que le cloud ou Internet. Au lieu de reconstruire un modèle d’IA spécifique à chaque projet, on peut se brancher directement sur des briques généralistes existantes. C’est un des secrets qui permet de développer des applications si sophistiquées et qui restent accessibles aux non-spécialistes..
Les systèmes d’apprentissage automatique ne se limitent plus à des outils conçus pour une seule tâche, comme la traduction ou la recommandation de produits. Une transformation majeure tient à l’émergence des foundation models, ou modèles de fondation : de très grands modèles entraînés sur des volumes massifs de données pour acquérir des connaissances générales, réutilisables dans de nombreux contextes.

Pourquoi l’IA open source évaluée par les pairs a sa place dans les soins de santé courants
Je définis un assistant d'intelligence artificielle médicale (AIAM) comme un modèle de raisonnement génératif à pondération ouverte, connecté à une base de données vectorielle indexant les dossiers médicaux d'un patient et piloté par un médecin via une interface de messagerie instantanée open source dans le cadre de sa pratique clinique. Je soutiens que lorsqu'un médecin publie l'architecture, la méthodologie de recherche et les résultats de validation de son AIAM dans une revue à comité de lecture, l'AIAM publié intègre la littérature médicale au même titre que toute autre méthodologie clinique. Les médecins qui adoptent ensuite cette méthodologie n'utilisent pas un dispositif médical ; ils pratiquent une médecine éclairée par la littérature publiée. Cette distinction a des implications majeures pour le cadre réglementaire de l'IA médicale open source et l'évolution des normes de soins.
Académie de Paris

Cette étude confirme ce que tout le monde pressentait: Utiliser l'IA générative pour le travail scolaire permet de faire le travail plus vite, d'obtenir de meilleures notes (pour les travaux faits avec l'aide de l'IA), mais fait apprendre moins (moins bonnes notes aux examens sur table sans IA).
Source (attention preprint):Strömberg, D., Lei, V., & Wu, Y. (2026). The Generative AI Learning Penalty: Evidence from Chinese Secondary Education (SSRN Scholarly Paper No. 6977138). Social Science Research Network. https://lnkd.in/dSfkFG7iD'où l'intérêt de former les élèves à un usage de l'IA qui soutienne les apprentissages, comme ces recommandations de l'académie de Paris:https://lnkd.in/dwP6zNY4

Vous pensez que les prépublications ne sont pas fiables ? L’analyse de 70 000 études pourrait vous faire changer d’avis.
Les conclusions principales changent rarement lorsque les prépublications biomédicales sont ensuite publiées dans des revues.
Les outils de détection par IA ont fait d'énormes progrès — sont-ils vraiment performants ?
Des scientifiques et des éditeurs testent actuellement un nouveau type de logiciel qui promet une précision impressionnante dans la détection de textes rédigés par l'IA.
Cet outil d'IA prétend sélectionner les 1 % de prépublications les plus pertinentes. Les chercheurs peuvent-ils lui faire confiance ?
QED Science affirme que ses indicateurs réduisent les biais en évaluant les articles uniquement sur la base de leur originalité et de leur validité.
De plus en plus d'entreprises privées proposent aux chercheurs des outils d'intelligence artificielle pour examiner les manuscrits avant publication. L'un de ces systèmes, développé par la start-up israélienne QED Science à Tel Aviv, vise à déterminer si la recherche en sciences de la vie est originale et valide. L'outil de QED Science est conçu pour évaluer si les affirmations d'un manuscrit donné sont étayées par les données présentées et pour identifier les lacunes dans les travaux. Il est mis gratuitement à la disposition des chercheurs et a déjà été utilisé par plus de 10 000 laboratoires répartis dans 1 500 institutions et plus de 70 pays.
En novembre dernier, openRxiv — l’organisation à but non lucratif qui gère les serveurs de prépublication bioRxiv et medRxiv — a annoncé qu’elle allait tester le système QED Science sur bioRxiv.. Dans une analyse publiée en juin , QED Science a utilisé cet outil pour classer plus de 57 000 prépublications publiées sur bioRxiv entre mai 2025 et avril 2026, et a sélectionné les « 1 % les plus importantes ».
Principes pour comprendre la confiance dans l'intelligence artificielle
L'intelligence artificielle (IA) accomplit de plus en plus de tâches autrefois réservées aux humains, soulevant des questions sur le quand, le pourquoi et le comment de la confiance accordée aux machines – et sur la pertinence même de cette confiance. Dans cette analyse, nous identifions six principes qui structurent notre compréhension de la confiance en l'IA et soulignons son ancrage social : la confiance en l'IA est inférée ; la fiabilité, la confiance et le comportement confiant sont distincts ; la confiance en l'IA relève à la fois de la moralité et de la performance ; et la confiance en l'IA est spécifique à chaque agent, variable d'un individu à l'autre et motivée par des stratégies. La nature inférée, multidimensionnelle, dynamique et contextuelle de la confiance en l'IA illustre que cette dernière n'est pas une notion monolithique, mais varie selon les systèmes, les individus et les contextes. Nous concluons en examinant les implications éthiques plus larges de l'étude de la confiance en l'IA et en soutenant que cette dernière exige à la fois d'étudier les mécanismes de la pensée humaine et de réfléchir au type de monde que la confiance en l'IA contribue à créer.
L'IA est-elle en train de ruiner nos compétences ? Les premiers résultats sont là — et ils ne sont pas bons.
Des études montrent que le recours aux outils d'intelligence artificielle dégrade les capacités des médecins et des ingénieurs logiciels.
L'intelligence artificielle va-t-elle aggraver les inégalités mondiales en matière de santé ?
L'intelligence artificielle (IA) est présentée comme un outil pour réduire les inégalités mondiales en matière de santé en palliant la pénurie de personnel et en élargissant l'accès aux soins spécialisés. Cependant, si le développement et la validation de l'IA sont concentrés dans les pays à revenu élevé, l'innovation risque de profiter de manière disproportionnée aux populations présentant une charge de morbidité plus faible et des capacités cliniques plus importantes. À travers l'exemple de l'ophtalmologie, nous avons cartographié la répartition mondiale de la recherche en IA dans ce domaine en fonction de la prévalence de la cécité et de la répartition mondiale des ophtalmologistes. La production scientifique est disproportionnellement concentrée dans les pays comptant davantage d'ophtalmologistes et des taux de cécité plus faibles. Cette disparité soulève la crainte que l'IA n'aggrave les inégalités mondiales en matière de santé si des efforts concertés ne sont pas déployés pour soutenir la recherche en IA dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Aligner la production et la validation des données probantes en IA sur la charge mondiale de morbidité sera essentiel pour que ces technologies contribuent à réduire, et non à creuser, les inégalités en matière de santé
La vérité complexe sur la confiance en la science
La confiance dans la science ne s'est pas effondrée, mais les scientifiques ont des problèmes urgents à résoudre. Le public est plus enclin à faire confiance aux scientifiques lorsque ces derniers font confiance au public et sont transparents quant aux incertitudes.
L'IA peut-elle un jour être consciente ? Cette question découle d'une idée fausse.
Un livre explique comment les domaines de l'intelligence artificielle, de la psychologie et de la philosophie ont négligé un aspect clé de la conscience : le corps.
Le « dernier ancêtre commun universel » de la vie pourrait être antérieur à la vie elle-même.
Une étude révolutionnaire suggère une frontière floue entre la « vie » et la « non-vie», ainsi que deux origines distinctes de la biologie sur Terre.

Réduction de la posologie orale, médicament optimal et durée totale du traitement antibiotique chez les enfants africains hospitalisés pour une pneumonie communautaire sévère (PediCAP) : un essai contrôlé randomisé factoriel.
Chez les enfants d'Afrique subsaharienne hospitalisés pour une pneumonie communautaire sévère sans facteurs de complication, une stratégie consistant à passer à l'amoxicilline orale après une antibiothérapie intraveineuse initiale, avec une durée totale de traitement de 4 à 5 jours, dès l'amélioration clinique, n'est pas inférieure au traitement intraveineux de 5 jours recommandé par l'OMS.
Livres



Jean-Loup Amselle. L’Afrique des fantasmes. Mimésis, Paris, Coll. Anthropologie n° 12, 2025, 214 p.
Une analyse de Jean-Philippe Chippaux
Jean-Loup Amselle, anthropologue reconnu pour son approche critique des études africaines, interroge les fantasmes réciproques – mais dissymétriques – et les projections imaginaires circulant entre l'Occident et l'Afrique qui influencent profondément les relations économiques et politiques. S'appuyant sur des exemples historiques ou contemporains, il déconstruit les dichotomies classiques et propose une analyse des logiques métisses et des carrefours entre les cultures.
Pour l’auteur, le terme « fantasme » renvoie tout autant à l’image mentale traduisant des désirs conscients et inconscients qu’à leur satisfaction virtuelle, parfois honteuse. L’auteur revient, par exemple, sur l’affaire Idrissa Gana Gueye qui déclara forfait lors d’un match joué pendant la journée contre l’homophobie en 2021. L’auteur décrit le contexte sociologique, politique et religieux. Selon lui, le refus d’Idrissa Gueye de porter le maillot arc-en-ciel n’exprime pas son soutien à l’homophobie mais sa réticence à approuver publiquement l’homosexualité. L’opposition des points de vue, ou leur incompréhension, dénonce l’illusion de la neutralité y compris dans un domaine largement partagé comme le sport.
Les clichés culturels sont activement entretenus par la publicité des agences de tourisme. Ces dernières, tout en récusant l’impérialisme occidental, vendent le mythe de la société primitive au sein d’une nature préservée plus facile à reconnaître dans les réserves et parcs naturels aménagés qu’en traversant Abidjan ou Nairobi.
Amselle convoque Michel Leiris et son « Afrique fantôme », contrepoint de « l’Afrique des fantasmes », pour souligner les ambiguïtés de l’ethnologie française marquée, du moins à ses origines, par le colonialisme, et son incapacité à s’affranchir du primitivisme. Le pillage des objets sacrés était-il justifié par l’étude des traditions des peuples africains ? Ces représentations polluent le débat sur la restitution des objets dont l’Afrique a été dépossédée par l’Occident et dont l’enjeu politique est central.
L’ethnicité est bien évidemment disséquée. L’auteur, qui nie tout fondement naturel, en montre sa réalité politique et administrative, modelée par l’histoire, tout particulièrement dans la période postcoloniale. On se souvient encore de l’humiliante conclusion du discours de Dakar du 26 juillet 2007 et de son célèbre « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire ».
La santé est également concernée et pas seulement les maladies tropicales qui pourraient envahir l’Occident. Bien sûr, la récente pandémie de Covid-19 et les débats contradictoires sur son impact au sein des sociétés africaines sont rappelés ainsi que ses gourous, du Sud comme du Nord, avec un chapitre consacré au druide marseillais – élevé à Dakar – chantre de l’hydroxychloroquine…

Le moment orwellien : La science face aux nouveaux obscurantismes
une analyse de Hervé Maisonneuve
Ce livre nous questionne et j’espère qu’il n’annonce pas le futur de la science en France. Aux USA, la science est mal partie pour longtemps.
Un livre bien construit en partant de 1984 (Orwell)
Les trois auteurs sont engagés dans la défense de la science. Ils ont imaginé un plan basé sur le livre de George Orwell. Pas besoin d’avoir lu 1984 car il y a une annexe qui résume le livre en 12 pages. J’ai lu 1984 il y a quelques mois et le parallèle est étonnant. Un documentaire 2 + 2 = 5 intitulé « 1984: L’avertissement de George Orwell que le Monde N’a Pas Voulu Entendre » est accessible sur YouTube. En bref, résister est la seule stratégie car lorsque les extrêmes sont au pouvoir, elles le gardent. En page 170, je reprends : « D Trump utilise la phrase ‘Les migrants empoisonnent le sang américain’ qui est une adaptation contemporaine de ‘Les Juifs empoisonnent le sang allemand’ que l’on trouve dans Mein Kampf. »
Point besoin de vous résumer la situation actuelle de la science aux USA ! Tous les secteurs de la recherche sont menacés et les crédits publics syphonnés pour être mis au service d’entreprises privées. Des données de la NASA, dans le domaine du climat et dans de nombreux domaines ont été détruites tout simplement !
La quatrième de couverture : « Pourquoi la science est-elle aujourd’hui devenue l’objet d’attaques d’une ampleur inédite ? À partir d’événements récents aux États-Unis et en France, cet ouvrage mobilise les concepts développés par George Orwell dans 1984 pour analyser la mécanique contemporaine de brouillage du réel, qui a fait de la science une cible politique. Il montre comment les savoirs et celles et ceux qui les produisent ont d’abord été fragilisés par leur soumission à la logique de marché, puis discrédités par le pouvoir à travers une succession de procès idéologiques. Cet affaiblissement a ouvert la voie à un glissement vers un autoritarisme assumé, fondé sur la manipulation du langage, la réécriture du passé et l’effacement de la vérité au nom de la liberté. Dans ce moment orwellien, la science, en tant que langage universel de description du réel, n’a plus lieu d’être. Nommer et comprendre ces mécanismes est une condition essentielle pour pouvoir y résister. »
Le livre a trois parties : 1) Le moment pré-Orwellien : affaiblir la science ; 2) Le moment orwellien : en finir avec la vérité ; 3) Refaire d’Orwell une fiction. Tranquillement, la défaite lente de la science est décrite, dans la plupart des pays. La science est en danger, et la préface de Valérie Masson-Delmotte commence ainsi : Ce livre donne des idées pour comprendre la manière dont la liberté académique et le rôle des faits scientifiques pour éclairer les délibérations publiques sont profondément remis en cause dans un contexte de montée de l’autoritarisme et d’affaiblissement de la vie démocratique





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