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Bulletin du 4 juin 2024

Dernière mise à jour : 4 juin


Mesdames et Messieurs les Doyens,

Chers Collègues,

Chers Amis,


En 1642, Pascal concevait la pascaline, première machine à calculer. « La machine arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux. Mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu’elle a de la volonté, comme les animaux » (Pensées). Par le mot volonté, Pascal entendait initiative et imagination : le savoir c’est l’intelligence ou la raison, l’imagination c’est l’instinct ou le cœur. Ce que rejoint Einstein : « l’imagination est plus importante que le savoir ». Le savoir seul est stérile et ne permet pas le progrès. Pascal peut être crédité de la première réflexion sur l’intelligence artificielle (IA) et singulièrement, son application en santé. L’IA est capable de manipulations algorithmiques sophistiquées, basées sur la pensée computationnelle. Est-elle capable d’imagination ? La réponse est non pour le moment. Faisons en sorte que nous gardions l’initiative et l’imagination, particulièrement en médecine, que l’IA reste une machine artificielle extraordinaire au service de l’humain.


Très cordialement

Pour le comité d’organisation de l'atelier de mai 2024,

Pour le comité éditorial du GRISOF,

Cheikh Cissé, Faculté de Médecine de Dakar

Ihsane Hmamouchi, Faculté de Médecine de l'Université Internationale de Rabat Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis

Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec


Vous étiez 220 participants aux ateliers "Science ouverte en santé" des 30 et 31 mars 2024. Nous vous en remercions.


Voici quel était le programme de ces ateliers.

Ateliers Science ouverte 280524
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Les rapporteurs des 6 thèmes produiront un document de synthèse prévu pour septembre prochain. Cette synthèse permettra de bâtir le programme du colloque organisé en présentiel et distanciel, début 2025.

Bonaventure Mvé Ondo, Professeur de philosophie à l'Université Omar Bongo de Libreville, co-rédacteur de la charte de l’UNESCO, a prononcé un plaidoyer remarquable, intitulé "Science ouverte en francophonie: enjeux et pratiques". Voici le texte

Atelier SO Santé Intervention BMO jeudi 30 mai 2024
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Vous êtes 1090 destinataires du bulletin "Science ouverte en santé".

Le GRISOF est une association dont les statuts ont été déposés à Paris le 7 décembre 2021. Le GRISOF a fonctionné jusqu'ici sans compte en banque, grâce au bénévolat du comité éditorial, de l'Université Laval pour l'abonnement Zoom et de l'Université de Tours pour les listes de diffusion. Lors de son AG du 15 janvier 2024, le GRISOF a décidé d'une cotisation de 25€. Cette cotisation est modeste, non obligatoire pour recevoir les informations et les liens de connexion aux conférences, mais elle permettra d'être membre à part entière, de financer les différentes opérations du GRISOF

Si vous souhaitez vous acquitter de cette cotisation, voici le RIB (relevé d'identité bancaire). Un grand merci.

RIB GRISOF
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Conférences d’actualités GRISOF-SPLF/EFP-FéFOG

Merci à nos orateurs d'avril et mai 2024

Jeudi 11 avril. Zakari Lire. Dans la série "La science en train de se faire":

Titre : La médiation des savoirs locaux dans les institutions d’enseignement supérieur et de recherche en Afrique francophone subsaharienne. Cas de l’Université Joseph Ki-Zerbo au Burkina Faso.

Zakari LIRÉ travaille pour le Conseil africain et malgache de l'enseignement supérieur (CAMES) en tant que responsable du Centre d’information et de documentation (CID) et chargé du programme d'assurance qualité de l'enseignement supérieur.




LES PROCHAINES CONFERENCES DU GRISOF

Horaire des conférences à partir d'avril 2024. Merci de vérifier que nous n'avons pas fait d'erreur pour votre pays.

·       14h heure GMT

·       10h heure de Montréal,

·       14h heure de Bamako, Dakar, Conakry, Abidjan, Bouaké, Ouaga

·       15h Rabat, Tunis, Alger, Kinshasa, Cotonou, Bangui et Libreville

·       16h heure de Paris (GMT+2),

·       17h à Antananarivo et Majunga, Beyrouth et Damas,

·       18h à Maurice et la Réunion


Jeudi 6 juin Pr Ihsane  Hmamouchi 

Titre. Méthodologie de recherche des revues systématiques de la littérature (SLR).


Ihsane Hmamouchi est professeure assistante en épidémiologie clinique à l'Université Internationale de Rabat (UIR), professeure associée au Laboratoire de Recherche Clinique et d'Épidémiologie de l'Université Mohammed V à Rabat, et rhumatologue au centre hospitalier provincial Lalla Aicha de Témara.

Reconnue dans la coordination de projets de recherche clinique, méthodologie de recherche et dans les biostatistiques, ses domaines de recherche incluent l'équité, l'éducation thérapeutique et la télémédecine, en particulier dans le domaine de la spondylarthrite et de l'ostéoporose en Afrique. En 2020, elle a fondé Epirheum.com, une plateforme gratuite dédiée à la démocratisation de l’accès à l'éducation scientifique pour la méthodologie de recherche, la rédaction médicale et les biostatistiques en Français. Riche d’un réseau international de collaboration scientifique, elle compte en son actif plusieurs publications scientifiques indexées et fait partie du comité de lecture de plusieurs revues de renom. Elle fait partie du comité éditorial du GRISOF.

Pour se connecter:


Jeudi 13 juin. Pr Violaine Lemay 

Titre. Evaluation des publications par les pairs.


Violaine Lemay est professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, chercheuse régulière au Centre de recherche en droit public et responsable du séminaire doctoral de Méthodologie du droit et interdisciplinarité. Son enseignement en droit, en science de la santé et en sciences humaines et sociales est axé sur le développement des habiletés que requiert une interdisciplinarité bien menée. Elle vise ainsi à outiller la relève dans l’étude des problématiques transversales qui exigent la mise en commun des savoirs et le dialogue entre les cultures disciplinaires pour appréhender des solutions novatrices en droit. Après un best seller international publié sur l’évaluation scolaire et universitaire (1), elle a travaillé 10 ans comme consultante spécialisée en évaluation dans le monde de l’éducation.

Violaine Lemay, Évaluation scolaire et justice sociale. Droit, éducation et société, Saint-Laurent, Éditions du Renouveau pédagogique, 2000, 321 p.

Pour se connecter:


Jeudi 20 juin Candan Hizel.

Titre. Pharmacogénétique en pratique clinique : où en sommes-nous et où allons-nous ? 


Candan HIZEL PERRY, PhD, HDR, MBA-HC Candan Hizel a obtenu son doctorat en biologie cellulaire/ moléculaire et génétique humaine à l'Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand - France (1999). Il a obtenu son doctorat supérieur "Doctorat d'État" (HDR - habilitation à diriger des recherches) en 2006 sur le sujet Nouvelles Génétiques et Enzymes Métabolisantes des Médicaments à l'Université d'Auvergne à Clermont-Ferrand en France. Dr. Hizel a effectué sa formation postdoctorale en pharmacologie clinique à la faculté de médecine de l'Université Yeditepe à Istanbul en 2008. Il possède plus de 18 années d'expérience en médicine personnalisée particulièrement dans les études cliniques d'association en pharmacogénomique (PGx), la recherche de biomarqueurs pharmacogénomique et sur des résultats de test de pharmacogénétique en utilisant le Système Expert (SE) comme un système de support de décision clinique dans les pays développé ainsi que les pays émergents. Dr. Hizel a initié la mise en œuvre de l'enseignement pharmacogénétique dans les programmes de la faculté de médecine et de pharmacie. Il a promu et renforcé la formation et l'enseignement interdisciplinaires en médecine personnalisée et en pharmacogénomique dans diverses institutions académiques en France (Clermont-Ferrand), en Turquie (Istanbul, Eskisehir), en Chypre du Nord (Nicosie) et au Canada (Montréal). Entre 2011 et 2015. Entre 2011 et 2015. Il a dirigé la mise en œuvre du centre d'excellence sur le « Centre de recherche en médecine personnalisée et en pharmacogénomique-BIGEM et BIFAGEM » à l'Université Anadolu d'Eskisehir et à l'Université Dokuz Eylül d'Izmir, en Turquie. Après avoir occupé le poste de directeur de la plateforme pharmacogénomique au sein de la société de biotechnologie OPTITHERA à Montréal Canada entre février 2015 et avril 2021, actuellement il travaille comme consultant en médicine de précision et pharmacogénétique dans différents centres médicaux en Turquie et aux Pays-Bas.

Pour se connecter :






Après une pause estivale méritée, nous pensons déjà à la rentrée universitaire!


Jeudi 26 septembre 2024 :  Antoine Flahault. "La prévention, un enjeu pour notre santé, notre économie et notre planète.”


Jeudi 7 novembre 2024.   Pr Mamadou Aliou Baldé    Médecine traditionnelle et pharmacopée guinéennes : acquis et perspectives

Le Pr Aliou Baldé est Président de l'Académie des sciences de Guinée.


Jeudi 28 novembre Pr Laurent Guilleminault. Toux chronique réfractaire.

Laurent Guilleminault est professeur de pneumologie. CHU Toulouse, INFINITy (Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires) INSERM U1291


Date à préciser. Dans la série "La science en train de se faire":

Thomas Villeneuve. Rôle des sous-populations d’éosinophiles dans la non-réponse aux biothérapies anti-interleukine 5 dans l’asthme et la polypose naso-sinusienne. 

CHU Toulouse, INFINITy (Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires) INSERM U1291


Webinaires FéFOG-GRISOF



La FéFOG et le GRISOF organisent les wébinaires ci-dessous au cours du cycle 2023-2024 et vous invitent à y participer massivement et activement.

Programme Webinaire FeFOG GRISOF 2023-2024
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Les conférences FeFOG sont disponibles sur Youtube , sur le site Grisof et le site FeFOG



Science ouverte





L'EIFL, l'AJOL (African Journals Online) et le WACREN (le Réseau de recherche et d'éducation de l'Afrique de l'Ouest et du Centre) invitent les organisations africaines - entités juridiques qui possèdent des revues en libre accès (OA) qui ne facturent aucun frais ni aux auteurs ni aux lecteurs (souvent appelées comme les revues Diamond OA) et où sont basées les équipes éditoriales - pour participer à cet appel à propositions. 

Il s’agit du premier des deux appels à propositions ouverts qui visent à améliorer la qualité et à renforcer la durabilité de l’édition Diamond OA en Afrique, tout en préservant sa diversité. Les appels font partie d’ un projet de trois ans lancé en novembre 2023 avec un financement de Wellcome. 

CRITÈRE D'ÉLIGIBILITÉ

Les candidatures ne peuvent être soumises que par des organisations africaines - entités juridiques, par exemple des universités, des instituts de recherche, des sociétés savantes/académiques et d'autres institutions publiques à but non lucratif enregistrées en Afrique qui possèdent des revues Diamond OA et où sont basées les équipes éditoriales, et/ou gèrent des plateformes qui héberger des revues Diamond OA. Une organisation ne peut soumettre qu’une seule candidature. 

Les organisations peuvent demander un soutien pour une seule revue Diamond OA ou pour plusieurs revues Diamond OA qu’elles publient. Nous invitons également les candidatures d'organisations hébergeant des plateformes de revues qui incluent les revues Diamond OA. 

Financement maximum disponible par proposition de projet :

  • Si vous postulez pour une seule revue, le montant demandé ne doit pas dépasser 20 000 USD 

  • Si vous postulez pour plusieurs revues ou plateforme d'hébergement de revues, le montant demandé ne doit pas dépasser 30 000 USD.

Les projets ne devraient pas durer plus de 12 mois et devraient démarrer à partir d’octobre 2024. 

La date limite de candidature est le 17 juin 2024 à 23h59 GMT. 


Consultez tous les détails sur l’éligibilité et les conseils sur les conditions de candidature et les procédures de candidature . Le formulaire de candidature est disponible en anglais, français et portugais.








Revues et intégrité  

Rédacteur : Hervé Maisonneuve




2 juin 2024



FORMATIONS PEDAGOGIQUES organisées par le GRISOF


Les 13 formations proposées par le GRISOF pour améliorer, renforcer et promouvoir la recherche scientifique

  1. Aide à un projet de recherche. Élaboration du projet. Recherche de partenariats. Financement.

  2. Formation à la rédaction médicale, scientifique. Rappel des principes de base. Les normes internationales. Instructions aux auteurs. Les points forts. Erreurs. Risques.

  3. Formation à l’expression scientifique (orale et affichée). Les principes internationaux. Présentation. Document audiovisuel, les règles incontournables. La communication affichée ( poster)

  4. Fraude, plagiat revues prédatrices, pré- publications. Définitions. Préventions. Comment les reconnaître ? Risques et conséquences.

  5. Aide à la préparation de thèses ou travaux scientifiques. Différentes étapes. Choix du sujet, des personnes. Les étapes administratives. Présentation orale et du document. L'après thèse. De la thèse à l'article original....

  6. Les bases pédagogiques. Comment apprend-on? La mémoire. De l'apprentissage à l'expertise.

  7. Management, aide à la structuration des revues pour «experts»

  8. Ethique et intégrité scientifique

  9. Formation des bibliothécaires, spécialistes en TIC. Place des conservateurs.

  10. Aide à la recherche bibliographique. Les bonnes et mauvaises revues. Pièges. Danger des revues prédatrices. Trouver des articles.

  11. Formation à la gestion bibliographique avec ZOTERO

  12. Partage des savoirs et science ouverte. Les savoirs. Transmission des connaissances. Savoir donner, partager. Avantages et risques.

  13. Formation en recherche clinique ; application à l’Afrique. Essais pragmatiques.



Ces formations sont proposées à tous: Présidents d'Université, Doyens de Faculté, responsables d'Institut ou de toutes structures de formation supérieure scientifique, qui décident en fonctions de leurs souhaits, besoins..... au bénéfice des enseignants-chercheurs. La mise en oeuvre revient au décideur et à l'expert. La structure d'accueil prend en charge les frais d'organisation et de logistique, avec l'aide de tout appui type Ambassade, Université , AUF, OMS, industrie pharmaceutique...


Missions récentes.

Au cours d'une visite à Conakry, République de Guinée, Etienne Lemarié a prononcé deux conférences, la première à l'Université Gamel Abdel Nasser, intitulée "Science ouverte. Améliorer la qualité de la recherche et de la publication scientifique pour répondre aux nouveaux défis en santé", la seconde, lors de sa réception à l'Académie des Sciences, intitulée "De l'algorithme à la conscience artificielle".



À la demande de dirigeants de Grandes écoles et universités, membres de l'IRAFPA, nous venons d'ouvrir une nouvelle École d'été (intensive) destinée spécifiquement aux personnes devant implémenter une culture de l'intégrité académique.

Peu d’enseignants-chercheurs savent différencier dans leurs pratiques quotidiennes “l’éthique”, “l’intégrité”, “la responsabilité”, “la déontologie” et “la morale” ; Ou exprimer clairement les différences entre “liberté académique”, “liberté cognitive” et “liberté d’expression”.


Les doctorants et jeunes chercheurs ne peuvent pas développer une culture de l'intégrité en suivant simplement un MOOC obligatoire ou en prêtant un serment final. Les maîtres de conférences, avec ou sans HDR, ne reçoivent pas non plus de formation adéquate.

Nous vous proposons de nous rejoindre les 11 et 12 juillet 2024 ou de déléguer une personne de votre établissement en charge de cette mission fondamentale. Ceci gratuitement, si vous devenez membre “Établissement” de l'IRAFPA, ou au tarif normal, ce qui vous permettra d'explorer ainsi un partenariat potentiel.

La fiche descriptive ➡ https://lnkd.in/epasV73P

Le formulaire d’inscription ➡ https://lnkd.in/eyzQ5YwU

Le lieu et l’hébergement ➡ https://lnkd.in/eb3zTS3V


23 mai 2024

Chers collègues, chers étudiants, chers lecteurs,

La fin de l’année universitaire approche et nous devons encore nous mobiliser pour les Sciences de l’intégrité. Voici les trois axes d’action que nous avons identifiés comme urgents :

Une volonté institutionnelle est essentielle, car les concepts de “morale personnelle” et de “confiance” ne suffisent plus face aux défis d’aujourd’hui. Seule, une infime partie de nos collègues sait différencier “l’éthique”, “l’intégrité”, “la responsabilité”, “la déontologie” et “la morale”. Très peu savent expliquer clairement à leurs doctorants les différences entre “liberté académique”, “liberté cognitive” et “liberté d’expression”.

L’École d’été « Implémenter une culture de l’intégrité académique » a donc été créée à la demande de dirigeants de Grandes écoles et universités. Elle est destinée aux personnes qui doivent mettre en place des dispositifs d’intégrité dans leurs établissements.

Voir le programme détaillé, ainsi que les méthodes originales de l’IRAFPA décrites dans cette vidéo explicative.

La sanction – nature et degré – définie dans notre communiqué « La sanction de méconduites académiques » en date du 26 octobre 2022 doit maintenant être précisée.

La formulation d’une sanction est un vrai défi dans le cas de rétractation d’articles avec de multiples auteurs. Deux graves cas de fraude dans des publications sont actuellement en expertise en France. Plus de 100 articles vont devoir certainement être rétractés.

Qui sanctionner parmi les nombreux co-auteurs et comment ? Écrivez-nous si vous avez des pistes de solution.

La formation à l’intégrité des doctorants et des jeunes chercheurs ne peut se suffire d’un MOOC obligatoire ou d’un serment de fin de thèse. Et, un Maître de conférences peut obtenir une HDR sans même qu’il ne lui en soit demandé autant.

Venez nous aider à construire le futur académique proactif en matière de culture de l’intégrité lors du 3e Colloque de l’IRAFPA « Défis et incertitudes de l’intégrité académique à l’ère de l’intelligence artificielle », les 20-22 juin 2024.

Le programme est disponible : le niveau et la diversité des 28 communications retenues nous promettent d’intenses discussions et une véritable avancée dans nos réflexions.



LETTRE D'INFORMATION INTERNATIONALE 

Mai 2024 



















Un patch à micro-aiguilles pour vaccin contre la rougeole et la rubéole en Gambie.

Les patchs à micro-aiguilles (MNP) ont été classés comme l'innovation la plus prioritaire au monde pour surmonter les obstacles à la vaccination dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Cet essai visait à fournir les premières données sur la tolérabilité, l’innocuité et l’immunogénicité d’un vaccin contre la rougeole et la rubéole (MRV)-MNP chez les enfants.

Cet essai fournit les premières données sur l’utilisation des MNP pour administrer des vaccins aux enfants et aux nourrissons, ainsi que les premières données sur la dissolution des MNP contre la rougeole et la rubéole. Chez les adultes, les tout-petits âgés de 15 à 18 mois et les nourrissons naïfs âgés de 9 à 10 mois, les MRV-MNP ont été bien tolérés et sûrs. L'induration au site d'application était courante, survenant chez près de la moitié de tous les tout-petits et nourrissons, mais elle était légère dans tous les cas et résolue sans traitement. Aucune des réactions locales n'a posé de problème de sécurité. Aucun événement indésirable grave ou sérieux n'a été considéré comme lié au MNP. L'immunogénicité du MRV lorsqu'il est administré par MNP était similaire à son immunogénicité lorsqu'il est administré par voie sous-cutanée par aiguille et seringue dans les trois groupes d'âge.




Deux articles majeurs sur l'évolution de la mortalité dans le monde et l'impact du COVID


 Global age-sex-specific mortality, life expectancy, and population estimates in 204 countries and territories and 811 subnational locations, 1950–2021, and the impact of the COVID-19 pandemic: a comprehensive demographic analysis for the Global Burden of Disease Study 2021


L'excès de mortalité dû à la pandémie de COVID-19 en 2020 et 2021 a été déterminé en soustrayant la mortalité toutes causes confondues observée (ajustée pour tenir compte des enregistrements tardifs et des anomalies de mortalité) de la mortalité attendue en l'absence de pandémie.

Les taux de mortalité des adultes dans le monde ont nettement augmenté pendant la pandémie de COVID-19 en 2020 et 2021, inversant les tendances antérieures à la baisse, tandis que les taux de mortalité infantile ont continué à diminuer, quoique plus lentement que les années précédentes. Bien que COVID-19 ait eu un impact substantiel sur de nombreux indicateurs démographiques au cours des deux premières années de la pandémie, les progrès globaux en matière de santé au cours des 72 années évaluées ont été profonds, avec des améliorations considérables de la mortalité et de l'espérance de vie.


 

 

Global burden of 288 causes of death and life expectancy decomposition in 204 countries and territories and 811 subnational locations, 1990–2021: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2021

Nos estimations montrent que 4-80 millions (95% UI 4-56-5-11) de décès dus à COVID-19 sont survenus dans le monde en 2020, et 7-89 millions (7-49-8-40) en 2021. Les taux de décès par COVID-19 standardisés selon l'âge varient fortement d'une super-région à l'autre (tableau 1). En 2021, le classement par ordre décroissant est le suivant : Afrique subsaharienne (271-0 décès [250-1-290-7] pour 100 000 habitants) ; Amérique latine et Caraïbes (195-4 décès [182-1-211-4] pour 100 000 habitants) ; Afrique du Nord et Moyen-Orient (172-4 décès [150-3-191-5] pour 100 000 habitants) ; Europe centrale, Europe de l'Est et Asie centrale (168-8 décès [150-6-186-1] pour 100 000 habitants) ; Asie du Sud (156-5 décès [150-4-164-4] pour 100 000 habitants) ; hauts revenus (48-1 décès [47-4-48-8] pour 100 000 habitants) ; et Asie du Sud-Est, Asie de l'Est et Océanie (23-2 décès [16-3-37-2] pour 100 000 habitants). Traduit avec DeepL.com


Contribution de la vaccination à l'amélioration de la survie et de la santé : modélisation des 50 ans du programme élargi de vaccination

Depuis 1974, la vaccination a permis d'éviter 154 millions de décès, dont 146 millions chez les enfants de moins de 5 ans, parmi lesquels 101 millions étaient des nourrissons de moins d'un an. Pour chaque décès évité, 66 années de pleine santé ont été gagnées en moyenne, soit 10 à 2 milliards d'années de pleine santé gagnées. Nous estimons que la vaccination est à l'origine de 40 % de la baisse observée de la mortalité infantile dans le monde, et de 52 % dans la région africaine. En 2024, un enfant de moins de 10 ans a 40 % de chances supplémentaires de survivre jusqu'à son prochain anniversaire par rapport à un scénario hypothétique d'absence de vaccination historique. L'augmentation de la probabilité de survie est observée jusqu'à la fin de l'âge adulte.




Fardeau de la résistance bactérienne aux antimicrobiens dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire évitable grâce aux interventions existantes : un examen des données probantes et une analyse de modélisation.

Garantir l’accès universel à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène de haute qualité permettrait d’éviter 247 800 (160 000 à 337 800) décès associés à la RAM (résistance aux anti-microbiens) et à la vaccination pédiatrique 181 500 (153 400 à 206 800) décès associés à la RAM, grâce à la fois à la prévention directe des infections résistantes et une réduction de la consommation d’antibiotiques. Ces estimations se traduisent par une prévention de 7,8 % (5,6-11,0) de toute la mortalité associée à la RAM dans les PRFI par la prévention et le contrôle des infections, 5,7 % (3,7-8,0) par l'eau et l'assainissement. , et l'hygiène, et 4,2% (3,4–5,1) par les interventions de vaccination. Malgré le besoin continu de recherche et d’innovation pour surmonter les limites des approches existantes, nos résultats indiquent qu’il est possible de réduire le fardeau mondial de la RAM de 10 % d’ici 2030 grâce aux interventions existantes.




L’OMS publie la liste des plus grands risques de résistance bactérienne

L’OMS vient de mettre à jour sa liste de bactéries résistantes aux antibiotiques les plus à risque en 2024. Cette liste comprend 24 bactéries regroupées en 15 familles de bactéries résistantes aux antibiotiques classées selon trois catégories de priorité : critique, élevée et moyenne. "Cette liste, qui cartographie la charge mondiale des bactéries résistantes aux médicaments et en évalue les effets sur la santé publique, est essentielle pour orienter les investissements et répondre à la crise de la mise au point d’antibiotiques et de l’accès à ces derniers" (Yukiko Nakatani). Cette actualisation apparait d’autant plus nécessaire que "depuis la publication en 2017 de la première liste des agents pathogènes prioritaires, la menace de la résistance aux antimicrobiens s’est intensifiée, affaiblissant l’efficacité de nombreux antibiotiques et mettant en péril bon nombre des acquis de la médecine moderne", a-t-elle ajouté.

Les agents pathogènes les plus critiques sont les bactéries à Gram négatif résistantes aux céphalosporines de troisième génération et aux carbapénèmes, ainsi que Mycobacterium tuberculosis résistant à la rifampicine, qui "font peser une menace mondiale majeure", alerte l’OMS. Dans cette catégorie, on trouve aussi Acinetobacter baumannii résistant aux carbapénèmes.

L’infection à Pseudomonas aeruginosa résistant aux carbapénèmes (ParC) est passée de la catégorie "critique" à "élevée" dans la liste de 2024, car "il a été fait état d’une diminution de la résistance au niveau mondial", précise l’OMS.

Dans cette catégorie "priorité élevée", on trouve aussi Salmonella et Shigella, qui "représentent une charge particulièrement lourde dans les pays à revenu faible ou intermédiaire", de même que Staphylococcus aureus, qui pose – comme pseudomonas aeruginosa -, "de graves problèmes dans les établissements de santé". S’y ajoutent Neisseria gonorrhoeae, et Enterococcus faecium.

Les agents pathogènes moyennement prioritaires comprennent les streptocoques des groupes A et B, les Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae.


Selon l’OMS, la pandémie de Covid-19 a fait reculer l’espérance de vie dans le monde de 1,8 ans entre 2019 à 2021, passant de 73,2 ans à 71,4 ans, soit son niveau le plus bas depuis 2012. La baisse a été similaire chez les hommes (1,7 ans perdu) et chez les femmes (1,8 ans perdu). L’espérance de vie en bonne santé a également diminué, passant de 63,5 ans en 2019 à 61,9 ans en 2021, avec là encore une baisse similaire pour les hommes (1,5 ans de vie en bonne santé perdu) et les femmes (1,6 ans perdu). Cette baisse est due évidemment aux nombreux morts de la pandémie de Covid-19, que l’OMS évalue à environ 13 millions, mais également à la désorganisation des services de santé provoquée par la crise sanitaire. « En seulement deux ans, la pandémie de Covid-19 a effacé une décennie de progrès en matière d’espérance de vie » a commenté le Dr Thedros Ghebreyesus. La baisse de l’espérance de vie durant la pandémie de Covid-19 est cependant très variable selon les régions. En Amérique et en Asie-du-sud-Est, où la Covid-19 a été la première cause de mortalité en 2021, l’espérance de vie a diminué de 3 ans entre 2019 et 2021 et celle en bonne santé de 2,5 ans. A l’inverse, dans la région dite du Pacifique occidental (qui regroupe l’Extrême-Asie et l’Océanie), l’espérance de vie n’a diminué que de 0,1 an.


Vers un encadrement des nouvelles méthodologies de la recherche médicale


La recherche clinique faisant l’objet de méthodologies alternatives utilisant les technologies modernes, un groupe de travail international publie les résultats de son analyse et émet ses premières recommandations. Ces méthodologies peuvent contribuer à accélérer le développement des produits de santé au bénéfice des patients dans des domaines où la preuve d’efficacité est difficile, dans le contexte où les technologies de santé sont de plus en plus personnalisées, dans le cas où un design classique d’essai clinique est complexe à mettre en œuvre ou dans le cas des maladies rares.

L’Agence de l’innovation en santé (AIS) et l’infrastructure de recherche clinique F-CRIN (French Clinical Research Infrastructure Network) pilotent un groupe de travail qui vise à définir le cadre d’usage de ces méthodologies alternatives. Déjà, F-CRIN avait participé à l’élaboration du Livre Blanc, paru le 30 avril 2024, sur les données de santé artificielles.

AIS et F-CRIN viennent de rendre publics les résultats des premiers travaux d’analyse et éléments de recommandation des groupes de travail mis en place en 2023, synthétisés dans deux documents distincts. Le premier, intitulé « L'évolution des méthodologies d'essais cliniques : nouveaux outils, nouveaux usages et conditions de recours », est une étude rétrospective qui met en parallèle l’évaluation faite par la Food & Drug Administration (FDA), l’European Medicine Agency (EMA) et la Haute Autorité de Santé (HAS) de dossiers qui leur ont été soumis et comportant des essais cliniques intégrant une nouvelle méthodologie de recherche clinique.










Les cours de Salikoko S. Mufwene sont passionnants. Ils se poursuivent et sont à votre disposition sur Youtube: https://youtu.be/uH1wYJRgNoo


A titre indicatif, voici le résumé du cours du 7 mai 2024.

L’anglais s’est révélé un concurrent robuste au français en Amérique du Nord et dans le contexte de la globalisation économique mondiale. Pour des raisons démographiques, l’avenir du français dans le monde dépend de son sort en Afrique. Quels sont les défis pour assurer sa vitalité sans mettre en danger les langues indigènes ?

aecherche en train de se faire dans






Administration sous-cutanée d'un anticorps monoclonal pour prévenir le paludisme

Auteurs : Kassoum Kayentao , MD, Ph.D., MPH , Aissata Ongoiba , MD, MPH , Anne C. Preston , RN , Sara A. Healy , MD, MPH , Zonghui Hu , Ph.D. , Jeff Skinner , MS , Safiatou Doumbo , MD, Ph.D.,+36, pour l'équipe d'essai Mali Malaria mAb.


Une publication de nos amis maliens, publiée le 26 avril 2024

N Engl J Med 2024 ; 390 : 1549 - 1559 DOI : 10.1056/NEJMoa231277

L'administration sous-cutanée de L9LS aux enfants a eu un effet protecteur contre l'infection à P. falciparum et le paludisme clinique sur une période de 6 mois.

Financé par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses ; numéro ClinicalTrials.gov, NCT05304611


Large Language Models Seem Miraculous, but Science Abhors Miracles

AuthorPeter Szolovits, DOI: 10.1056/AIp2300103

Résumé. Les modèles d'intelligence artificielle générative présentent des capacités étonnantes mais commettent de graves erreurs. Nous avons une compréhension très limitée des raisons pour lesquelles ils fonctionnent bien ou des circonstances dans lesquelles ils donnent des réponses incorrectes. Il est donc nécessaire de poursuivre les recherches et de faire preuve d'une grande prudence avant de déployer de tels modèles pour des applications critiques. Depuis la disponibilité de ChatGPT à la fin de 2022, basé sur le grand modèle de langage GPT 3.5 d'OpenAI, ceux d'entre nous qui ont exploré ses capacités ont été stupéfaits par sa facilité avec le langage et ses capacités à générer des synopsis cohérents - et même perspicaces -, à répondre à des questions sur tout, des connaissances générales aux sujets spécifiques à un domaine, à offrir des conseils sur la façon d'accomplir des tâches, y compris pour le diagnostic médical, la thérapie et le pronostic, à déduire les conséquences des hypothèses et même à écrire des programmes d'ordinateur efficaces. Néanmoins, je recommande la plus grande prudence dans l'adoption de ces méthodes dans les soins de santé, principalement en raison de notre manque de compréhension de la manière dont elles accomplissent les choses miraculeuses qu'elles sont capables de faire.


Un millimètre cube de cerveau cartographié avec des détails spectaculaires

Les scientifiques ont modélisé un fragment du cerveau humain, révélant des cellules aux caractéristiques jusqu'alors inconnues.

Les chercheurs ont cartographié une minuscule partie du cerveau humain avec des détails étonnants. L'atlas cellulaire qui en résulte, décrit aujourd'hui dans Science 1 et disponible en ligne , révèle de nouveaux modèles de connexions entre les cellules cérébrales appelées neurones, ainsi que des cellules qui s'enroulent autour d'elles-mêmes pour former des nœuds et des paires de neurones qui sont presque des images miroir de l'un l'autre.

La carte 3D couvre un volume d'environ un millimètre cube, soit un millionième d'un cerveau entier, et contient environ 57 000 cellules et 150 millions de synapses – les connexions entre les neurones. Il intègre un colossal 1,4 pétaoctets de données.

Le fragment de cerveau a été prélevé sur une femme de 45 ans alors qu'elle subissait une intervention chirurgicale pour traiter son épilepsie. Il provenait du cortex. Jeff Lichtman de l'Université Harvard, et ses collègues ont ensuite découpé l'échantillon en environ 5 000 tranches – chacune d'à peine 34 nanomètres d'épaisseur – visualisées au microscope électronique. L’équipe de Jain a ensuite construit des modèles d’intelligence artificielle capables d’assembler les images pour reconstruire l’ensemble en 3D.

Les chercheurs ont découvert des neurones non conventionnels, dont certains formaient jusqu'à 50 connexions les uns avec les autres. Ailleurs, le modèle a montré des neurones avec des vrilles qui formaient des nœuds autour d'eux-mêmes. "Personne n'avait vu quelque chose de pareil auparavant", ajoute Jain.

Shapson-Coe, A. et al. Sciences 384 , eadk4858 (2024).



Médias : lutter contre la défiance pour contrer la montée du nihilisme.

Face aux deepfakes et à l’IA qui créent une défiance susceptible de corrompre le contrat social et un nihilisme favorable aux prophètes de haine, il existe des solutions, défendent Gaspard Gantzer et Clara Reulet : redonner du sens, éduquer à l’image, renforcer les contre-pouvoirs et enfin favoriser le débat.

Gaspard Gantzer
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Pour information, JAMA ne publiera plus de numéros COVID Update mais de façon irrégulière probablement et si besoin il y avait, des podcasts, dont voici le lien. https://jamanetwork.com/journals/jama/pages/covid-19-interviews#audio


Vient de paraître


Prévenir n'est pas souffrir.

« Mangez cinq fruits et légumes par jour ! Prenez le vélo plutôt que votre voiture ! Ne vous mettez pas au soleil ! »… Les messages pleins de bon sens nous submergent, recommandations et injonctions multiples qui, à force, au lieu de nous aider à vivre plus sainement, nous découragent avant même que nous ayons essayé d’y répondre. Or, la prévention est capitale en matière de santé.

Dans ce livre ludique, le professeur Flahault prouve qu’une prévention joyeuse et gratifiante est possible – la seule même efficace – qu’il s’agisse de la consommation de tabac ou d’alcool, de la protection de la peau ou de la prise en charge de sa santé mentale. Triant le vrai du faux, avec la plus grande rigueur scientifique, il propose les ajustements, acceptables au quotidien, à mettre en place tout au long de la vie, en fonction de sa personnalité et de ses envies. Un seul objectif : éviter que la maladie ne survienne. Grâce à ce véritable roman de la prévention, apprenez qu’il n’est pas si difficile de prévenir plutôt que de guérir !

Prof. Antoine Flahault, MD, PhD. Director of the Institute of Global Health, Faculty of Medicine, University of Geneva. Director of the Swiss School of Public Health, Zürich.



La Déclaration universelle des droits de l’esprit humain (PUF)

Mark Hunyadi : “Si nous protégeons notre corps, pourquoi ne pas en faire autant pour notre esprit ?...Je me suis inspiré de traités des Nations unies sur les fonds marins. Ceux-ci ont le statut de « bien commun de l’humanité ». Cela ne signifie pas qu’on ne peut rien y faire mais qu’il faut faire autoriser toute démarche (exploration, exploitation) par une autorité compétente, l’Autorité internationale des fonds marins. C’est sur ce modèle que je propose qu’on déclare l’esprit humain bien commun de l’humanité. Ce qu’il y avait d’inadmissible dans ChatGPT, c’est que c’est le marché qui a décidé du jour au lendemain sa mise en circulation, alors même que c’est une technologie qui a manifestement des impacts sociétaux et anthropologiques majeurs. Le marché s’est imposé sur le mode du fait accompli. Jamais on ne laisserait les entreprises pharmaceutiques mettre sur le marché une molécule sans aucun contrôle préalable ! Tout le monde comprend qu’une molécule toxique peut faire du mal au corps. Pour l’esprit, tout le monde s’en fout. D’où l’idée d’une « déclaration des droits de l’esprit....L’offre numérique enferme l’esprit dans le donné des données. Les écrans nous abreuvent de données, et l’esprit se laisse facilement séduire par ce qu’on lui offre. Les plateformes de streaming sont un exemple représentatif de ce permanent échange cybernétique de données : vous choisissez un contenu, la machine enregistre vos préférences et vous guide vers d’autres contenus qui vous plairont. Il y a un « enfermement cybernétique », et ce pour la plus grande satisfaction de l’utilisateur. Or ce type de fonctionnement tend à éroder la capacité de contrefactualité de l’esprit : il n’est plus appelé à aller au-delà du donné, puisque celui-ci le satisfait. Et ce type de fonctionnement se généralise. ». 

Professeur à l’université catholique de Louvain, Mark Hunyadi a publié plusieurs ouvrages de philosophie morale.


Pourquoi l’homme a inventé l’agriculture : nouvelle piste pour un cold case multimillénaire

Si nous avons commencé à cultiver des plantes, c’est parce que nous croyions qu’elles contenaient l’âme de nos aïeux. Une hypothèse lumineuse et fascinante défendue par le biologiste Nissim Amzallag.

Une chaumière avec ses bêtes et son lopin de terre, labourage et pâturage, quoi de plus naturel ? Avant d’être l’objet d’une curiosité renouvelée, car regardé comme la source des inégalités et du patriarcat, ce mode d’existence remontant à des temps immémoriaux, prôné par la Bible et maintes religions à travers le monde, nous a longtemps semblé une évidence. Son origine allait de soi : s’avisant que des plantes repoussaient là où leurs graines étaient tombées, un beau jour, un génial ancêtre se serait mis à les semer et toute cette belle histoire aurait ainsi débuté. « Nous aurions commencé à domestiquer les plantes, à les cultiver, pour garantir notre sécurité alimentaire, en constituant des réserves, explique le biologiste Nissim Amzallag. L’organisation sociale se centralisant à mesure qu’on thésaurise les ressources, avec la mainmise d’une élite, seraient nécessairement apparus le calcul, l’écriture, les fonctionnaires et les hiérarchies sociales. » Ce chercheur à l’esprit original, qui est aussi philosophe des sciences, historien et linguiste, s’est pris de passion pour la genèse des techniques anciennes.

Dans son dernier livre, « les Graines de l’au-delà », il nous convie à une palpitante enquête, quasi policière, sur l’origine de la domestication des plantes. Pour résoudre ce cold case multimillénaire, il brasse des données récentes, venant de disciplines aussi variées que la biologie moléculaire, la génétique, l’archéologie, l’ethnographie, pour investiguer les mille et un mystères qui planent encore sur les motifs de cette révolution qui bouleversa les mœurs d’une large partie de l’humanité. Et commence par détricoter maille par maille la fable d’un inéluctable progrès des civilisations. Lequel, invention après invention, nous aurait élevés d’une bestialité primitive et fruste, sans toit ni garde-manger, jusqu’aux raffinements de la modernité. « Ce récit déterministe, nous l’avons généralisé, exporté partout. Mais en Amazonie ont existé des villages de 10 000 habitants sans hiérarchie ni centralisation, pratiquant des plantations sans détruire l’environnement. Au Japon, les Jomons ont mené une vie sédentaire, avec un artisanat sophistiqué, durant 7 000 ans, sans semer ni cultiver la terre. »

Pourquoi l
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