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Bulletin du 24 juin 2023



Mesdames et Messieurs les Doyens, Chers Collègues, Chers Amis,


S’il s’agit d’écrire un texte cent fois répété, ChatGPT fait mieux que l’homme… il diversifie ses sources ! Pour autant, parler d’intelligence artificielle justifie de s’interroger d’abord sur ce qu’est l’intelligence. Daniel Andler, dans un livre récent, « Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme » (Gallimard), affirme qu’elle a beau progresser, la distance qui la sépare de son objectif proclamé — reproduire l’intelligence humaine — ne diminue pas.

L’intelligence humaine ne se réduit pas à la capacité de résoudre des problèmes, ce que peut faire un algorithme. L’intelligence humaine se qualifie par un jugement la manière dont nous faisons face aux situations, sur la façon dont nous les agençons, quelles qu’elles soient.

L’intelligence est une notion irréductiblement normative, à l’image du jugement éthique ou esthétique. « Un système artificiel intelligent connaît non pas les situations, mais seulement les problèmes que lui soumettent les agents humains. De fait elle résout une variété toujours plus grande de problèmes pressants. L’humanité a besoin d’outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d’une forme inhumaine de cognition ».

Nous avons besoin d’une réflexion éthique sur l’utilisation de l’IA dans la formation et la pratique en santé. En résumé l’algorithme résout des problèmes à partir du passé, alors que l’intelligence humaine résout des situations à plusieurs niveaux de réflexions. .


Très cordialement,

Pour le comité éditorial du GRISOF Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis.


Merci à nos intervenants d’avril et mai.


Merci à tous ceux qui nous ont accompagnés durant cette année universitaire. Votre participation et nos discussions ont apporté beaucoup à la communauté que nous représentons.




13 avril 2023

Jean Paul Matuba. Contribution du Centre hospitalier Monkole de Kinshasa (RD Congo) dans la qualité de vie de la communauté desservie : un exemple encourageant.

Jean-Paul Muteba est doctorant en administration et politiques de l'éducation à l'université Laval, Québec.


20 avril

Impact du dérèglement climatique sur la santé

Conférence présentée par Pr Antoine Flahault


Le Pr Antoine Flahault est un habitué de nos conférences, toujours très apprécié.

Antoine Flahault. Director of the Institute of Global Health, Faculty of Medicine, University of Geneva. Deputy Director of the Swiss School of Public Health, Zürich

Service de Médecine Tropicale et Humanitaire. Hôpitaux Universitaires de Genève


27 avril

Pr J-Ph Chippaux Pratique des essais cliniques en Afrique Directeur de recherche émérite Institut de Recherche pour le Développement / UMR MERIT


Le Pr Jean-Philippe Chippaux est Directeur de recherche émérite. Institut de Recherche pour le Développement / UMR MERIT.

Nous vous recommandons son excellent ouvrage intitulé "Pratique des essais cliniques en Afrique". Voici la post-face de son ouvrage.


Les essais cliniques constituent une procédure décisive pour l'enregistrement d'un médicament avant sa commercialisation. Cette expérimentation, indispensable, est destinée à confirmer chez l'homme l'innocuité et l'efficacité d'un médicament avant son utilisation. Le développement des essais cliniques en Afrique favoriserait, par ailleurs, une exploitation de la pharmacopée traditionnelle dans des conditions rigoureuses. Cet ouvrage décrit chacune des étapes de l'essai clinique, de la préparation jusqu'à l'interprétation des résultats, en soulignant les difficultés et pièges particuliers aux pays en développement, notamment en Afrique. Les coutumes et usages influent également sur la réalisation pratique des essais cliniques, ce qui impose de nombreuses adaptations méthodologiques. Ce manuel s'adresse aux professionnels de santé, aux promoteurs et aux responsables administratifs et politiques des pays africains appelés à se mobiliser pour que ce continent accède à une véritable indépendance sanitaire.

Ce livre est gratuit au format pdf (et payant au format papier) en suivant le lien ci-après : https://www.editions.ird.fr/produit/214/9782709919784/pratique-des-essais-cliniques-en-afrique


Jeudi 11 mai

Dr Hervé Maisonneuve

Titre : Intégrité scientifique en recherche


Sous la pression de l'évaluation des chercheurs et de la recherche (Publish or Perish), des chercheurs honnêtes adoptent des pratiques douteuses en recherche. Conflits d'auteurs, torture et sélection des données, manipulation des revues, non déclaration de liens d'intérêts, contes de fées gangrènent les revues. Développer une recherche responsable basée sur l'honnêteté, une bonne gestion des données, les bonnes relations est un enjeu pour préserver notre système de recherche


Le Dr Hervé Maisonneuve est Rédacteur de "Revues et Intégrité". Membre du comité éditorial du GRISOF, il développe un nouvel axe consacré à l'intégrité scientifique, au sein du GRISOF.


Jeudi 25 mai

Dr Michel Bergeron

Titre : L’éthique : une délibération en contexte


Consultant en éthique et en conduite responsable en recherche, Michel Bergeron œuvre en éthique de la recherche depuis plus de 30 ans. Détenteur d’un B.Sc. (chimie) de l’Université Laval et d’un M. Th. (éthique) de l’Université Saint-Paul et de l’Université d’Ottawa, il a été éthicien de l’Université de Montréal pour les questions d’éthique de la recherche de 2003 à 2014. Il est actuellement professeur associé au Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Il est entre autres membre de la Commission de l’éthique en science et technologie du Québec, membre externe du comité d’éthique de la recherche et de l’intégrité scientifique des Fonds de recherche du Québec Nature et Technologie, membre du comité d’honneur de l’Institut africain de bioéthique, membre de l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique, membre de la Chaire UNESCO – Éthique, sciences et société (Toulouse) et membre du réseau EthiMed de l’Association de recherche et de formation en droit médical de France. Il a été co-rédacteur des versions 2010 et 2014 du cadre éthique canadien « Énoncé de politique des trois Conseils. Éthique de la recherche avec des êtres humains 2 ».

Depuis 2007, il collabore à la mise en place de comités d’éthique de la recherche en Afrique de l’Ouest et à la formation en bioéthique, surtout au Bénin. Détenteur du « Prix distinction pour services rendus » de l’Association canadienne des Comités d’éthique de la recherche pour ses contributions majeures au domaine de l’éthique de la recherche, il est membre et président de plusieurs CER ainsi qu’auteur de plus de 60 publications et 185 communications.


Jeudi 8 juin

Dr Denis Bertrand

Titre : Autorité du savoir et de la vérité


A la suite de l'incendie de Notre-Dame et dans la perspective de sa restauration, la Ville de Paris a lancé un concours d'architecture et d'urbanisme pour rénover ses abords qui sont sous sa juridiction (parvis, jardins, rives de Seine) et mieux accueillir les 12 millions de visiteurs annuels du site (échéance : 2025).

Pour informer les équipes candidates et nourrir leurs idées, elle a fait réaliser trois études : historique, urbanistique et sémiotique. C'est cette dernière qu'on présente ici. Elle permet de mieux découvrir les significations inscrites dans les espaces et dans les murs qui, tous, dans des domaines différents, nous parlent de savoir, de vérité et de pouvoir. Par extension ce travail de sémiotique sur les abords de Notre-Dame nous permet de réfléchir sur nos approches professionnels voire personnelles


Denis BERTRAND est professeur émérite de Littérature et de sémiotique. Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis

Sa parole nous est particulièrement utile à l'heure du complotisme, des vérités alternatives. Nous avons besoin de clés qui nous permettent de décrypter et agir au sein monde de la santé.


Jeudi 22 juin.

Une réflexion : "le numérique n’a pas fini de bouleverser nos vies et nos pratiques en santé".

Un dialogue entre Yves Tremblay et Etienne Lemarié.



Webinaires FéFOG-GRISOF-AUF


Le Mercredi 21 Juin 2023

Un webinaire sur: Prématurité et réseaux de périnatalité


L’accouchement prématuré, naissance accidentelle survenant entre avant la 37ème semaine d’aménorrhée, est une urgence obstétricale associée à une morbidité et une mortalité périnatales importantes. En effet, la prématurité serait responsable de 75 à 90% de l’ensemble des décès néonataux et de 50% des handicaps neurologiques, sans parler des nombreuses séquelles physiques résultats d’une survie à une naissance prématurée. Cette problématique est plus aigüe dans les pays en développement en raison d’un déficit important en personnel qualifié et en moyens matériels affectés à la néonatologie. Deux équipes africaines vont partager avec vous leur vécu quotidien dans la prise en charge et dans la prévention de l’accouchement prématuré.

Pour améliorer le pronostic de la prématurité, il ne fait plus aucun doute que l’organisation en réseau des soins périnatals est la meilleure approche. Nous donnerons alors la parole à deux experts puis nous partagerons cette expérience en réseau dans un pays en développement (l’Algérie) et dans un pays développé (la France).

Les discussions qui seront menées après ces différents exposés nous permettront certainement d’une part de changer davantage de paradigme dans notre approche des problèmes de la périnatalité et d’autre part de développer une approche plus holistique favorisée par le biais de rapports plus solidaires et plus efficients entre les différentes disciplines concernées, notamment l’Obstétrique et la Néonatologie.


Modérateurs : Pr Ousmane NDIAYE, Université de Dakar, Sénégal ; Pr Madi NAYAMA, Faculté des Sciences de la Santé de Niamey, Niger ; Pr Yves TREMBLAY, Université Laval du Québec, Canada ; Pr Etienne LEMARIE, Université de Tours, France


Intervenants


1-Accouchement prématuré ; diagnostic et conduite à tenir

Dr Mouhamadou Mansour NIANG, Université de Dakar, Sénégal

Maître de Conférences Agrégé, Gynécologue-Obstétricien Hôpital IHS

2- Prévention de la prématurité en Guinée

Pr Telly SY, Université de Conakry, Guinée

Professeur Titulaire de gynécologie-Obstétrique, Chef de Service Maternité Ignace Deen

3- Organisation des soins périnatals dans un pays en développement, exemple de l’Algérie

Pr Ouahiba BENRABAH, Université d’Alger1, Algérie. Professeur de Pédiatrie ; Chef du Service de Néonatologie, CHU Hussein DEY d’Alger

4- Organisation des soins périnatals dans un pays développé, exemple de la France

Dr Pierre Delorme, Université de Paris, France

Maître de Conférences Agrégé, Praticien Hospitalier, Hôpital Trousseau de Paris ; Membre de l'équipe de recherche Epopé (INSERM U1153)


Interview du Pr Antoine Flahault

« On a aujourd’hui la possibilité d’éradiquer le paludisme »


Selon les données de l’OMS, en 2021, près de la moitié de la population mondiale était exposée au risque de paludisme. En 2021, on estimait à 247 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde. Le nombre estimé de décès imputables au paludisme s’est élevé à 619 000 en 2021.

La Région africaine de l’OMS supporte une part importante et disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2021, 95 % des cas de paludisme et 96 % des décès dus à la maladie ont été enregistrés dans cette Région. Les enfants de moins de 5 ans représentaient 80 % environ des décès dus au paludisme dans la Région.


Depuis octobre 2021, l’OMS recommande une large utilisation du vaccin antipaludique RTS,S/AS01 chez l’enfant dans les zones à transmission modérée à forte du paludisme à P. falciparum. Il est démontré que le vaccin réduit considérablement la morbidité et la mortalité palustres chez le jeune enfant. D’autres données sont en cours de publication.


Science ouverte


Il existe plus de 10000 revues scientifiques diffusées en libre accès et référencées dans plusieurs plateformes. Ils proposent un moteur de recherche permettant de trouver du contenu scientifique.

  • Directory of Open Access Journals (DOAJ) : Plateforme qui recense plus de 10000 revues scientifiques disponibles en libre accès et provenant de plus de 130 pays. Cela représente plus de 2 millions d’articles.

  • Persée : Portail présentant les collections rétrospectives de plus de 100 revues francophones : Annales, Bibliothèque de l’École des chartes, l’Homme, Revue de l’art, Revue française de science politique, etc. Cela représente plus de 50000 articles librement accessibles.

  • Revues.org : Plateforme qui propose plus de 400 revues dans les domaines de sciences humaines et sociales ; 95% des contenus sont accessibles librement, soit plus de 100000 articles. Revues.org fait partie du portail Openedition qui comprend OpendeditionBook (>2500 libres), Hypothèses (> 1300 carnets de recherche) et Calenda (agenda des événements scientifiques en SHS)

  • Scientific Electronic Library Online (Scielo) : Plateforme qui présente les revues scientifiques diffusées des pays d’Amérique du Sud permet de rechercher dans des revues scientifiques en Open Access





Paraplégie : un homme remarche grâce à un implant cérébral et un pont digital



Un Néerlandais, paralysé depuis plus de dix ans, a réussi à remarcher en maîtrisant le mouvement de ses jambes par la pensée grâce à un implant cérébral et un pont digital relié à la moelle épinière en dessous de la lésion. Il remarche après douze ans de paralysie. Gert-Jan Oskam, un Néerlandais âgé de 40 ans, est devenu paraplégique après une grave chute de vélo qui avait endommagé sa moelle épinière au niveau du cou. Depuis, il vit avec les jambes entièrement paralysées et les bras, partiellement. Mais aujourd’hui, il peut à nouveau marcher, simplement par la force de sa pensée. Une équipe de recherche de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a conçu un implant cérébral qui lui permet de contrôler à nouveau le mouvement de ses jambes. "Nous avons développé un pont digital sans fil entre le cerveau et la moelle épinière en utilisant la technologie Brain-Computer Interface (BCI) qui transforme la pensée en action", résume Grégoire Courtine, professeur en neurosciences à l'EPFL, au Centre hospitalier universitaire vaudois et l’université de Lausanne.

Le dispositif permet d’agir sur la moelle sous la lésion. En 2018, les précédents travaux de ce chercheur avaient permis de démontrer que, combinée à un entraînement intensif, la technologie qui stimule le bas de la colonne vertébrale avec des impulsions électriques peut aider les personnes atteintes de lésions de la moelle épinière à marcher à nouveau. Gert-Jan Oskam avait participé à ce premier essai, mais après trois ans, il ne constatait plus d’améliorations. "Le nouveau système utilise l'implant rachidien qu'Oskam possède déjà et l'associe à deux implants en forme de disque insérés dans son crâne de sorte que deux grilles de 64 électrodes reposent contre la membrane recouvrant le cerveau", précise l’EPFL dans un communiqué.

Si le quadragénaire pense à marcher, alors les implants crâniens détectent l'activité électrique dans le cortex, la couche externe du cerveau. "Ce signal est transmis sans fil et décodé par un ordinateur qu'Oskam porte dans un sac à dos", indique le texte. Le système fonctionne grâce à des algorithmes basés sur des méthodes d’intelligence artificielle. "Les intentions de mouvement sont ainsi décodées en temps réel à partir des enregistrements du cerveau, développe Guillaume Charvet, responsable du programme BCI au Centre d’études nucléaires de Grenoble, qui a mis au point le dispositif. Ces intentions sont ensuite converties en séquences de stimulation électrique de la moelle épinière, qui à leur tour activent les muscles des jambes pour réaliser le mouvement désiré."

La principale innovation de ce nouveau système réside dans le contrôle. "La stimulation avant me contrôlait et maintenant je contrôle la stimulation par ma pensée", explique Gert-Jan Oskam. Le précédent implant était une sorte de stimulation, pré-programmée, permettant d’engendrer des mouvements de marche un peu "robotiques". "Maintenant, c'est complètement différent, car Gert-Jan a un contrôle total sur le paramètre de stimulation, ce qui signifie qu'il peut s'arrêter, il peut marcher, il peut monter des escaliers", complète Grégoire Courtine. Une quarantaine de séances de rééducation l’ont aidé à récupérer et à se familiariser au système. Aujourd’hui Gert-Jan Oksam peut même faire de courtes distances sans l’appareil s’il a des béquilles. Il raconte que ce système lui a permis de gagner en autonomie et de retrouver d’anciennes habitudes, comme prendre une bière au comptoir avec ses amis. "Ce plaisir tout simple représente un changement important dans ma vie", confie-t-il.Une étude observationnelle française de la cohorte ComPaRe, sur l'impact de la vaccination contre le SARS-CoV-2 chez les malades souffrant de Covid long, fait état d'une possible réduction de la gravité et de la durée des manifestations de ce syndrome handicapant.




Compréhension de l'information médicale : 1/3 des personnes ont des difficultés



La « littératie en santé », ça vous parle ? Définie comme « un concept [qui] représente l’ensemble des compétences et des connaissances permettant à une personne d’accéder aux informations nécessaires à sa santé, de les comprendre, de les évaluer et de les utiliser » par la DREES qui publie des résultats inédits sur le niveau des Français dans ce domaine : en clair, la population française comprend-t-elle globalement bien les informations concernant sa santé ?






SCIENCE OUVERTE ET LIBRE ACCES



Revues et intégrité. Hervé Maisonneuve Tout est passionnant dans le bulletin d’Hervé Maisonneuve. Nous avons la chance de l’avoir dans le comité éditorial du GRISOF.


Quel plaisir de découvrir chaque mois « Revues et intégrité » !





Au sommaire, notons cet article de Catherine Hill qui montre une corrélation entre mortalité Covid-19 et préférences politiques aux Etats-Unis : surmortalité chez les Républicains !





Mais aussi :


51 recommandations pour créer une revue scientifique et éviter les échecs

Des recommandations du centre de journalologie d’Ottawa. Publication dans PLOS One fin mars 2023. Nous voyons beaucoup de motivations pour créer des revues, et trop de revues végètent et n’arrivent pas à survivre. Dans le même temps, les éditeurs qui ont du métier créent très vite des revues à succès. La question était : Quelles sont les recommandations pour la création d’une revue biomédicale savante ? Nous reconnaissons qu’une pléthore de décisions liées à l’entreprise et à la recherche doivent être prises pour créer une revue scientifique. Les méthodes sont extrêmement bien décrites.




Et au sommaire du mois de mai :







Institut de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académiques


Pourquoi attendre les crises pour maîtriser les dispositifs prévenant fraudes, plagiats, hyper-publiants et dérives de l’IA ? S’inscrire à l’Ecole d’été IRAFPA de juillet 2023 « Conseiller en intégrité » permet d’acquérir ou renforcer le large éventail de compétences spécifiques permettant de s’engager dans de véritables dispositifs institutionnels d’action sur l’intégrité.


Le teaser vous dit tout de l'ambiance de travail durant cette formation concentrée sur 2 jours et demi.


Cliquez ci-dessous et choisissez votre session : le 6-8 juillet ou le 10-12 juillet 2023. Vous y partagerez les attentes, expériences et débats d’un groupe international de RIS et de responsables d'Écoles doctorales et d’établissements mobilisés.


FORMATION PEDAGOGIQUE


Les 13 formations proposées par le GRISOF


1. Aide à un projet de recherche

2. Formation à la rédaction médicale, scientifique

3. Formation à l’expression scientifique (orale et affichée)

4. Lutte contre la fraude, le plagiat, les revues prédatrices, les préprints

5. Aide à la préparation de thèses scientifiques

6. Bases pédagogiques en matière scientifique

7. Management, aide à la structuration des revues pour «experts»

8. Ethique et intégrité scientifique

9. Formation des bibliothécaires, spécialistes en TIC

10. Aide à la recherche bibliographique

11. Formation à la gestion bibliographique avec ZOTERO

12. Partage des savoirs et science ouverte.

13. Formation en recherche clinique ; application à l’Afrique.



Dans la presse

Hervé Maisonneuve nous a signalé cet important article de Nature, sur l’intégrité :

The Cape Town Statement on fairness, equity and diversity in research

Promouvoir l'intégrité de la recherche dans un monde inégal.

Avec la prise de conscience de la fraude et de l'inconduite dans le domaine scientifique, les conférences mondiales sur l'intégrité de la recherche sont devenues un forum de premier plan pour la discussion et l'étude des moyens de promouvoir un comportement responsable dans le domaine de la recherche. Depuis la première réunion en 2007, les réunions se sont généralement concentrées sur des questions telles que l'inconduite en matière de recherche, le comportement responsable en matière de collecte, d'analyse, de paternité et de publication des données, et l'importance de la reproductibilité. En mai dernier, les participants à la 7e conférence mondiale sur l'intégrité de la recherche, qui s'est tenue au Cap, en Afrique du Sud, ont franchi une étape importante. Ils ont ajouté les multiples façons dont les programmes et les pratiques de recherche désavantagent les habitants des pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) à la série de questions qui menacent l'intégrité de la science.


Trois des six conférences mondiales précédentes ont donné lieu à la publication de lignes directrices ou de principes. Nous faisons partie d'un groupe de travail (comprenant des bioéthiciens, des chercheurs, des responsables institutionnels et des rédacteurs en chef de revues) qui présente aujourd'hui la déclaration du Cap sur la promotion de l'intégrité de la recherche par la promotion de la justice, de l'équité et de la diversité.


Cette déclaration contient 20 recommandations, issues de discussions auxquelles ont participé environ 300 personnes d'une cinquantaine de pays, dont 16 pays africains et 5 pays d'Amérique du Sud. Les discussions se sont déroulées sur une période de 18 mois - avant, pendant et après la conférence du Cap - dont le thème était "Promouvoir l'intégrité de la recherche dans un monde inégal".




OMS



Qu’est-ce que l’algocratie ?

D’après un article de Conversation, écrit par Adrien Tallent, doctorant en philosophie politique et éthique, Sorbonne Université


Plus de la moitié de la population mondiale utilise quotidiennement les réseaux sociaux où la circulation des informations est régulée par des algorithmes. Formé de algo, apocope d’algorithme, et du suffixe -cratie (qui vient du grec kratos, le pouvoir), algocratie est un terme qui émerge depuis quelques années pour désigner le nouveau système politique dans lequel nous serions entrés. Un système dans lequel les algorithmes influencent et font partie du processus de prise de décision dans divers secteurs. Dans la vie politique, économique et sociale de la société, elles pourraient même préempter de manière automatique un pouvoir jadis propriété du peuple en démocratie.




Algocratie et démocratie

L’algocratie est-elle en passe de remplacer la démocratie ? De plus en plus de domaines régaliens, démocratiques sont pénétrés par les algorithmes : filtrage et tri sur les réseaux sociaux, aide à la décision (justice, santé…), sélection à l’université, analyse prédictive (police, assurance…). Dès lors, nombreux sont ceux qui estiment qu’il existe un danger de dépossession du pouvoir du peuple, le « demos » de la démocratie, au profit de ces algorithmes.

L’économie mondiale fonctionne par exemple largement sur des algorithmes financiers. À titre d’exemple, le premier gestionnaire d’actifs mondial, le fond américain BlackRock, utilise notamment l’intelligence artificielle Aladdin, outil d’investissement capable d’évaluer les risques financiers et qui a contrôlé jusqu’à 20 000 milliards de dollars d’actifs financiers. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale utilise quotidiennement les réseaux sociaux sur lesquels des algorithmes de recommandation ajustent le contenu proposé aux préférences des utilisateurs et façonnent ainsi leurs représentations du monde. Il arrive qu’ils échappent aux volontés de leurs créateurs. De par leur fonctionnement qui valorise les réactions générées et sans être la volonté explicite de leurs créateurs, ceux-ci privilégient par exemple la diffusion des fake news.


Un nouveau monde institutionnel

L’algocratie serait ainsi un monde institutionnel où ces grandes entreprises transnationales participant à cette forme de régulation algorithmique prennent de plus en plus d’importance. Néanmoins, employer le terme d’algocratie nous éloigne de la responsabilité. En réalité, dans une algocratie, si le pouvoir change, ce n’est pas pour aller du peuple vers les algorithmes. Les algorithmes matérialisent des relations de pouvoir et servent des volontés – politiques, économiques, idéologiques – bien humaines.

Loin d’être une fatalité ou une évidence, le développement de ce qui pourrait s’apparenter à une « algocratie » répond donc à des choix politiques et à la mise en avant de ce que la chercheuse en philosophie du droit Antoinette Rouvroy appelle une « rationalité algorithmique ». Ce sont des choix politiques et techniques d’un mode poussé de gouvernement par les nombres, faisant craindre qu’une algocratie soit en réalité un nouveau genre de « société de contrôle ».


Mythe et philosophie

L’algocratie s’inscrit dans une histoire philosophique et scientifique héritée de la philosophie des Lumières et de la révolution scientifique du XVIIIe siècle qui ont érigé la rationalité en culte. De ce point de vue, l’aboutissement d’une certaine idée de la rationalité s’incarne dans cette « gouvernementalité algorithmique » synonyme d’algocratie. D’autant que, comme le dit l’universitaire et juriste Alain Supiot, nous pensons que gouverner et exercer le pouvoir sont une seule et même chose, que le pouvoir devrait être fondé sur une connaissance scientifique de l’individu et donc « impersonnel ». Cela expliquerait la diffusion d’une « gouvernance par les nombres » où tout, y compris la loi, devient l’objet d’un calcul.

L’idée d’une algocratie vient ainsi d’un mythe, celui du caractère infaillible de la technique face à la faillibilité de l’individu. L’algocratie ne considère plus une société comme étant un ensemble mais comme n’était plus que des groupes d’individus, des atomes.


La vaccination BCG ne protège pas les professionnels de santé contre le Covid-19


N Engl J Med 2023; 388:1582-1596 DOI: 10.1056/NEJMoa2212616

Vaccination with BCG-Denmark did not result in a lower risk of Covid-19 among health care workers than placebo. (Funded by the Bill and Melinda Gates Foundation and others; BRACE ClinicalTrials.gov number, NCT04327206. opens in new tab.)


Dans cet essai international, en double aveugle et contrôlé par placebo, nous avons assigné au hasard des travailleurs de la santé pour recevoir le vaccin BCG-Danemark ou un placebo et les avons suivis pendant 12 mois.




La fin de la pandémie est proche


Bien que les modèles de l'IHME suggèrent que les infections quotidiennes mondiales par le SRAS-CoV-2 ont augmenté de plus de 30 fois entre la fin novembre 2021 et le 17 janvier 2022, les cas de COVID-19 signalés au cours de cette période n'ont augmenté que de six fois. Parce que la proportion de cas asymptomatiques ou légers a augmenté par rapport aux variantes précédentes du SRAS-CoV-2, le taux mondial de détection des infections a diminué globalement de 20 % à 5 %.



ChatGPT jugé plus pertinent et empathique que des médecins

Comparing Physician and Artificial Intelligence Chatbot Responses to Patient Questions

JAMA Intern Med. Published online April 28, 2023. doi:10.1001/jamainternmed.2023.1838

Comparaison des réponses des médecins et des chatbots d'intelligence artificielle aux questions des patients publiées sur un forum public de médias sociaux


Un assistant chatbot d'intelligence artificielle peut-il fournir des réponses aux questions des patients, d'une qualité et d'une empathie comparables à celles écrites par les médecins ?

Dans cette étude transversale de 195 questions de patients tirées au hasard sur un forum de médias sociaux, une équipe de professionnels de la santé agréés a comparé les réponses des médecins et des chatbots aux questions des patients posées publiquement sur un forum public de médias sociaux . Les réponses du chatbot ont été préférées aux réponses des médecins et ont été notées significativement plus élevées pour la qualité et l'empathie.


Signification Ces résultats suggèrent que les assistants en intelligence artificielle peuvent être en mesure d'aider à rédiger des réponses aux questions des patients.




Je lis dans vos pensées !

Tang, J., LeBel, A., Jain, S. et al. Semantic reconstruction of continuous language from non-invasive brain recordings. Nat Neurosci 26, 858–866 (2023).

Première interface cerveau-machine non invasive décodant le langage pensé.

Fondée sur l’IRM fonctionnelle, elle devine les pensées verbalisées d’une personne après quelques heures d’entraînement.




Neuralink

Neuralink, start-up de neurotechnologie dirigée par Elon Musk, a annoncé avoir reçu l'autorisation des autorités sanitaires américaines pour commencer des essais cliniques avec ses puces cérébrales, sur des humains. "C'est un premier pas important qui permettra un jour à notre technologie d'aider de nombreuses personnes", a déclaré la société californienne, précisant que "les recrutements pour les essais cliniques ne sont pas encore ouverts". Neuralink conçoit des appareils connectés à implanter dans le cerveau pour communiquer avec les ordinateurs directement par la pensée. Ils doivent d'abord servir à aider des personnes paralysées ou souffrant de maladies neurologiques. La start-up veut ensuite rendre ces implants suffisamment sûrs et fiables pour des personnes qui pourraient débourser quelques milliers de dollars et doter leur cerveau d'une puissance informatique.


Pour Elon Musk, ces puces doivent permettre à l'humanité d'arriver à une "symbiose avec l'IA". "Nous sommes désormais confiants sur le fait que l'appareil de Neuralink est prêt pour les humains, donc le calendrier dépend du processus d'approbation de la FDA ». Pour l'instant, les prototypes, de la taille d'une pièce de monnaie, ont été implantés dans le crâne d'animaux. Plusieurs singes sont ainsi capables de "jouer" à des jeux vidéo ou de "taper" des mots sur un écran, simplement en suivant des yeux le mouvement du curseur à l'écran.


« Se faire vacciner semble protéger contre le risque de maladie d'Alzheimer »

Nathalie Raulin note dans Libération qu’« alors que la Semaine européenne de vaccination bat son plein (…), les autorités sanitaires rappellent que se faire vacciner est le moyen de prévention le plus efficace pour se protéger contre certaines infections graves et éviter les épidémies ». « Mais l’intérêt des vaccins pourrait, par effet ricochet, aller bien au-delà : diminuer le risque de déclarer une pathologie démentielle précoce, comme la maladie d’Alzheimer », indique la journaliste.

Elle livre un entretien avec le Dr Christophe Trivalle, chef du service de gériatrie de l’hôpital Paul-Brousse (Paris), qui « au regard des résultats de plusieurs études et méta-analyses parues ces dernières années, (…) estime que l’hypothèse est à prendre très au sérieux ». Le médecin rappelle ainsi qu’« il n’y a toujours pas de traitement efficace contre la maladie d’Alzheimer. Les plus anciens comme les anticholinestérasiques ont un effet surtout symptomatique et ralentisseur de la pathologie, mais ils ne sont plus remboursés en France ». « Les nouveaux traitements, autorisés aux Etats-Unis, qui sont ciblés sur l’amyloïde et se font par voie injectable, ont un effet modeste. Ils sont uniquement utiles sur les formes débutantes, coûtent très cher (…) et ont beaucoup d’effets secondaires dont certains très sérieux. Malgré tout, il faut garder espoir car de nombreuses molécules restent à l’étude », poursuit-il. Nathalie Raulin interroge : « Les vaccins protégeraient contre la maladie d’Alzheimer ? ».

Le Dr Trivalle répond : « Oui, c’est un résultat inattendu mais récurrent des travaux de recherche. Depuis une vingtaine d’années, diverses études ont montré que le fait d’être vacciné semble protéger contre le risque de maladie d’Alzheimer ou de démence apparentée ». « Tous les vaccins semblent concernés. Le fait d’avoir reçu au moins deux vaccins différents semble augmenter la protection. Parmi les vaccins qui ont un fort taux de protection, il y a le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche, le vaccin zona et le vaccin contre la grippe. A noter également un effet bénéfique du BCG et de la BCGthérapie utilisée en traitement contre le cancer de la vessie », poursuit-il.

Le médecin ajoute que « le vaccin contre la grippe a particulièrement été étudié et son effet protecteur augmente avec le nombre d’injections. A chaque rappel annuel, on augmente sa protection. Dans une étude publiée l’année dernière chez des plus de 65 ans, le fait d’être vacciné contre la grippe diminuait le risque de maladie d’Alzheimer de 40% et il fallait vacciner une trentaine de personnes pour éviter un cas de démence ». Le Dr Trivalle indique qu’« il existe plusieurs hypothèses pour expliquer cet effet protecteur. Il pourrait s’agir d’une protection directe contre les infections (virus ou bactéries) pouvant favoriser la démence par le biais d’une inflammation chronique au niveau cérébral. Si la maladie d’Alzheimer est multifactorielle, la théorie infectieuse revient souvent comme facteur déclencheur initial du processus inflammatoire ». « Il pourrait aussi y avoir des mécanismes spécifiques à certains vaccins. Par exemple, le vaccin contre la grippe en diminuant le risque d’AVC diminuerait le risque de démence vasculaire. Il est aussi possible que la vaccination ait un rôle spécifique, de mécanisme encore inconnu, intervenant directement sur le processus pathologique à l’origine de la démence », continue le gériatre.


Jusqu’où peut aller le complotisme et les antivaccins ?


Une infirmière américaine est devenue malgré elle une égérie des complotistes antivaccins. Son histoire, rapportée par le JIM, Journal International de Médecine, montre jusqu’où peut aller la désinformation.


Ni morte, ni antivax

17 décembre 2020 au Memorial Hospital de Chattanooga. Après six mois d’une épidémie de Covid-19 meurtrière, l’espoir renait dans cet hôpital du Tennessee : des vaccins contre cette nouvelle maladie sont enfin disponibles.

Les soignants, en première ligne depuis mars, seront les premiers à être vaccinés et pour l’occasion, les télévisions locales ont fait le déplacement.

Juste après avoir été vaccinée, Tiffany Dover est interrogée par les journalistes sur son ressenti en cette journée historique. Mais la jeune infirmière fait un malaise devant les caméras de télévision et s’effondre dans les bras d’un médecin.

Pas forcément la meilleure image au moment de vanter l’innocuité des vaccins. Loin d’être un drame non plus, puisque la jeune femme se réveille quelques minutes plus tard. Mais il est trop tard, le drame est fait. Les images du malaise vagal de l’infirmière font rapidement le tour du monde et sur les réseaux sociaux, les complotistes et antivaccins s’en servent pour démontrer la dangerosité des vaccins contre la Covid-19. Ils en sont convaincus : Tiffany Dover est morte, tuée par les vaccins à ARNm.

C’est le début d’un calvaire pour la jeune femme qui, trois ans après son malaise a pour la première fois accordé un entretien à une grande chaine de télévision américaine (en l’occurrence NBC) le 10 avril dernier pour prouver l’évidence : « je suis vivante et je vais bien, c’est tout ». Depuis ce jour qui aurait dû marquer le début d’une nouvelle ère dans la lutte contre la maladie, Tiffany Dover a été érigée au rang de martyr par la communauté des antivaccins. Des vidéos, des pages Facebook et même des chansons ont été créés en son hommage. Et le site sobrement intitulé « Where is Tiffany Dover ? » (« où est Tiffany Dover ? ») recense les soi-disant preuves de cette conspiration organisée pour cacher le sort de l’infirmière.

Il n’a fallu que quelques heures après la diffusion de la vidéo du malaise de Tiffany Dover pour que les théories complotistes commencent à essaimer sur Internet. Quatre jours après l’incident, l’hôpital de Chattanooga décide donc de diffuser une vidéo de l’infirmière pour faire taire les rumeurs. Mais la vidéo, mal éclairé et dans laquelle l’infirmière porte un masque et ne parle pas, fait plus de mal que de bien et donne naissance à une nouvelle théorie : Tiffany a été échangé avec un double, en l’occurrence une de ses collègues, Amber Honea, qui lui ressemble très vaguement.

La vie des deux infirmières est alors rapidement devenue un cauchemar. Harcelées par des complotistes, accusées de participer « au plus grand complot de l’histoire » et même d’être des pédophiles, les deux jeunes femmes ont finalement dû abandonner leur métier. Tiffany se souvient notamment qu’un activiste se faisant appeler « la police du vaccin » est venu chez elle pour la menacer elle et sa famille.

Pendant trois ans, sur les conseils notamment de la direction de l’hôpital, Tiffany Dover a préféré ne pas s’exprimer publiquement, au motif que cela ne ferait qu’envenimer la situation. Mais ce mutisme n’ayant pas permis de faire taire les théories du complot, l’infirmière a décidé de s’exprimer de nouveau sur les réseaux sociaux et donc désormais à la télévision.


Aujourd’hui, elle se sent coupable de n’en avoir pas fait davantage pour réfuter ces mensonges sur les vaccins. « Nous aurions dû utiliser mon cas pour montrer que l’on peut parfois faire un malaise après une vaccination, mais que ce n’est pas une raison pour ne pas se faire vacciner » regrette-t-elle. « C’est dur de se dire que des gens m’ont utilisé pour convaincre des personnes de ne pas se faire vacciner. Combien de personnes n’ont pas été vaccinés à cause de moi ? » se demande l’infirmière, dont la grand-mère est morte durant la pandémie. Alors que la pandémie de Covid-19 n’est plus au centre de l’actualité et que les complotistes en tout genre se sont tournés vers d’autres horizons, Tiffany Dover espère bientôt reprendre son activité d’infirmière et retrouver une vie normale. « Je ne suis pas morte ce jour-là, mais ma vie d’avant si » conclut-elle.




L’irruption des innovations technologiques dans nos vies produit des effets inattendus.


Ainsi de ChatGPT − l’intelligence artificielle conversationnelle créée par l’entreprise américaine Open IA et adoptée en quelques semaines par plus de 10 millions d’utilisateurs −, et des générateurs d’images (Imagen, Dall-e ou encore Midjourney) dont les productions inondent désormais les réseaux. Ces services ont en commun de perturber notre rapport au réel. ChatGPT fonctionnant à base de statistiques (la réponse qu’il donne à nos questions est la suite de mots la plus probable obtenue par le brassage de milliards de données textuelles), il ne fait aucun cas de la différence entre vrai et faux, entre réel et fiction. Il vous écrira par exemple une très bonne biographie synthétique d’Emmanuel Kant, mais, si vous lui demandez s’il a eu un animal domestique, il vous expliquera que le philosophe avait un perroquet du nom de « Jacobi », l’« information » apparaissant dans un roman. Quant aux générateurs d’images, ils permettront, comme on l’a vu récemment, de produire une photo presque parfaite du pape François vêtu d’une magnifique doudoune matelassée ou d’Emmanuel Macron aux prises avec la police dans une manifestation.

Et nous voici plongés dans un état de constante perplexité face à ce qui nous est donné à lire et à voir, état qu’il va nous falloir apprendre à habiter sans angoisse parce qu’il risque fort de se prolonger. Le premier réflexe, c’est de tout vérifier. C’est un bon réflexe (après tout, c’est le premier qu’on apprend en journalisme) et il nous sera sans doute de plus en plus utile à l’avenir. Mais ne rêvons pas, nous n’y souscrirons pas à chaque instant, car c’est épuisant, et pas toujours possible. Alors, il faudra le reste du temps adopter une autre posture que la suspicion, et trouver une attitude plus réconfortante pour accueillir la production de ces machines que la déploration d’un réel perdu. Et là, la littérature pourrait nous servir.

A la fin du XXe siècle, nous est arrivé d’Amérique latine un courant dont le plus éminent représentant est l’écrivain colombien Gabriel García Márquez − auteur notamment de « Cent ans de solitude » et lauréat du prix Nobel de littérature en 1982 − et qui s’est baptisé le « réalisme magique ». Sa particularité, comme une partie du syntagme l’indique, est de faire preuve d’une formidable précision dans la description du réel, par un foisonnement de détails et un vaste vocabulaire, qui figure admirablement bien la variété de la nature, des objets, des corps ou encore des sentiments. Sachant que bien souvent, ces écrivains ayant une connaissance encyclopédique des histoires locales et des luttes politiques les traversant, ils prenaient soin d’inscrire leurs fictions dans des contextes eux aussi très précis. Pour autant, et c’est la part « magique » de ce « réalisme », il n’est pas rare dans ces œuvres qu’un animal se mette à parler, qu’un personnage vive deux cents ans ou que le plomb devienne de l’or. C’est même tout à fait normal. Personne ne s’en offusque dans le roman, et le lecteur est pour sa part ravi.

Il faudrait donc que nous nous auto-prescrivions en urgence la lecture de García Márquez et de ses collègues. Elle nous mettrait dans un état très favorable pour accueillir les IA. Nous serions prêts à accepter qu’elles produisent un réel qui est à la fois vrai et faux, un réel où la présence possible du faux n’abolit pas la vérité. Et même, nous en jouirions. Nous pourrions alors, pour paraphraser la belle expression de la philosophe américaine Donna Haraway, « vivre heureux dans le trouble ». Xavier de La Porte



Raphaël Pitti, un médecin dans la guerre, de la Syrie à l’Ukraine

Le spécialiste de médecine de guerre Raphaël Pitti, au Liban fin 2020. (KARINE PIERRE / Hans Lucas via AFP)

Fort de son expérience en Syrie, l’humanitaire, tête d’affiche de l’ONG Mehad, a fondé un centre de formation à la médecine de guerre dans l’ouest de l’Ukraine, à Lviv. Un millier de soignants ukrainiens y a déjà été formé.




Livres

L’Afrique est soumise à un défi gigantesque : intégrer en une génération 1 milliard d’individus supplémentaires dans un contexte de faible productivité, de quasi-absence d’industrie, d’urbanisation accélérée, le tout coiffé par une crise climatique devenue permanente.

Cette « urgence africaine » impose d’inventer un nouveau modèle économique. Car l’Afrique a trop souvent été un continent cobaye, soumis à toutes sortes de prédations. Le huis clos inattendu de la crise du Covid-19 lui a permis de redécouvrir la richesse de son patrimoine. Forte de cette leçon, elle doit désormais réinventer son développement en s’appuyant sur ses biens communs.

Mettre en place un néoprotectionnisme africain et préserver ses ressources propres (terres, biens numériques…), assurer sa souveraineté – alimentaire en développant l’agroécologie, monétaire et financière avec la création d’une agence de la dette – sont autant de pistes pour que l’Afrique se réapproprie son destin. Avec cette conviction : en promouvant une économie du partage, les biens communs sont aussi profondément ancrés dans la réalité sociale africaine. Kako Nubukpo est commissaire chargé du département de l’Agriculture, des Ressources en eau et de l’Environnement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Économiste, opposant déclaré au franc CFA, il est directeur de l’observatoire de l’Afrique subsaharienne de la Fondation Jean-Jaurès. Il a été ministre chargé de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques au Togo (2013-2015). Il est l’auteur de L’Urgence africaine (Odile Jacob, 2019).

Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme

Collection NRF Essais, Gallimard. Publication date: 04-05-2023


L’intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé, au tournant du XXIe siècle, des avancées spectaculaires mais qui ne sont pas parfaitement comprises : l’intelligence artificielle reste en partie opaque. Pis : elle a beau progresser, la distance qui la sépare de son objectif proclamé — reproduire l’intelligence humaine — ne diminue pas. Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l’intelligence humaine. Celle-ci ne se réduit pas à la capacité de résoudre toute espèce de problème. Elle qualifie par un jugement la manière dont nous faisons face aux situations, quelles qu’elles soient, dans lesquelles nous sommes. L’intelligence est une notion irréductiblement normative, à l’image du jugement éthique ou esthétique, et c’est pourquoi elle est réputée insaisissable.

Un système artificiel « intelligent » connaît non pas les situations, mais seulement les problèmes que lui soumettent les agents humains. C’est sur ce point uniquement que l’intelligence artificielle peut nous épauler. De fait elle résout une variété toujours plus grande de problèmes pressants. Ce devrait demeurer là son objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l’intelligence humaine. L’humanité a besoin d’outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d’une forme inhumaine de cognition.


BIBLIOGRAPHIE


JAMA ONCOLOGY

Opinion

David E. Gerber, MD; Elizabeth K. S. Barksdale, PhD

JAMA PSYCHIATRY

Research

Joeffre Braga, BSc; Mariel Lepra, BSc; Stephen J. Kish, PhD; et al

Opinion

Alexander Gerhard, MD

JAMA HEALTH FORUM

Research

Peter Treitler, MSW; Molly Nowels, MS, MA; Kenneth A. Feder, PhD; et al

JAMA NETWORK OPEN

Research

Yi-Ju Tseng, PhD; Karen L. Olson, PhD; Danielle Bloch, MPH; et al

Research

Mengmeng Ji, PhD, MBBS; Amanda J. Vinson, MD; Su-Hsin Chang, PhD, SM; et al

Research

Siwen Wang, MD; Tianyi Huang, ScD; Marc G. Weisskopf, PhD, ScD; et al

Research

Michael E. Ohl, MD, MSPH; Kelly Richardson Miell, PhD; Brice F. Beck, MA; et al

Opinion

Michael Klompas, MD, MPH; Barbara E. Jones, MD, MS

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