top of page

Bulletin du 14 octobre 2023

Dernière mise à jour : 3 nov. 2023



Mesdames et Messieurs les Doyens, Chers Collègues, Chers Amis,


Au sommaire du bulletin d'octobre, quatre auteurs nous invitent à un débat passionnant sur la place de la science dans la société, son expression, ses fondements éthiques.

Bernard Reber, philosophe moral et politique, nous explique comment la recherche et l’innovation responsables appellent une large réflexion où conjuguer éthique et participation de publics hétérogènes ne va pas de soi. "la responsabilité va au-delà du travail du chercheur et de sa relation avec les collègues et s’inscrit la problématique de la compliance éthique tant de la recherche elle-même que de ses finalités et usages".

Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et épistémologue des sciences. Sans culture linguistique, pas de culture scientifique. Le rôle de la langue dans le travail de la science est-il suffisamment pris au sérieux ?

Sylvain Detey, Professeur en Sciences du langage. Plutôt que de parler plus, n’est-il pas temps de parler moins et de parler mieux, ou différemment? "Du contrat linguistique comme contrat social....Il est temps de reprendre le contrôle de nos comportements communicatifs, comme nous l’avons fait à chaque fois que l’innovation technologique nous a permis d’accroitre nos libertés et nos pouvoirs individuels, aujourd’hui internet et réseaux sociaux".

Giuseppe Longo, mathématicien de la logique et épistémologue, pose les questions suivantes. Quelles sont les limites de la connaissance? Quels sont les gestes fondateurs du savoir à l’origine de notre culture scientifique?


Très cordialement,

Pour le comité éditorial du GRISOF Yves Tremblay, Faculté de Médecine-Université Laval, Québec Etienne Lemarié, Faculté de Médecine de Tours Zouhair Souissi, Faculté de Médecine de Tunis.


Conférences d’actualités GRISOF-SPLF/EFP-FéFOG




Les prochaines conférences

Attention: changement d'heure en France les 28-29 octobre 2023, au Québec les 4-5 novembre 2023


Horaire des conférences jusqu'au 28 octobre :

  • 14h heure GMT

  • 10h heure de Montréal,

  • 14h heure de Bamako, Dakar, Conakry, Abidjan, Bouaké, Ouagadougou

  • 15h heure de Tunis, Alger, Rabat, Kinshasa, Cotonou, Bangui et Libreville

  • 16h heure de Paris (GMT +2) et Damas

  • 17h à Beyrouth,

  • 17h à Antananarivo et Majunga

  • 18h à Maurice et la Réunion


Jeudi 19 octobre Madame le Dr Kahina Souami, Faculté de Médecine d'Alger, ouvrira la nouvelle série de présentation des thèses en cours.

Titre: Infection à Legionella pneumophila, infection respiratoire grave liée aux conditions environnementales et météorologiques.

La légionellose à Legionella pneumophila est une infection liée au climat. Elle rallonge la liste des infections liées aux conditions météorologiques et environnementales.

Mme SOUAMI Ylhame Kahina est médecin spécialiste en biologie clinique, Maître de conférences à la Faculté de Médecine d’Alger. Elle s’est intéressée à l’épidémiologie et au management qualité, vu son engagement dans des projets nationaux et locaux de santé publique (Institut Pasteur d’Algérie, Agence Nationale du Sang, laboratoires spécialisés).




Jeudi 26 octobre William Bayiha.

Titre : Géopolitique de la santé : le corps des femmes, terrain d’affrontement des « vérités » en santé maternelle dans les pays économiquement pauvres.




La réduction de la mortalité maternelle fait partie des cibles prioritaires de l’Organisation Mondiale de la Santé, particulièrement dans les pays à faibles revenus, notamment les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud.


L’Afrique à elle seule compte plus de 50 % des 286 000 femmes qui meurent chaque année des complications liées à l’accouchement, selon les chiffres de 2017. En plus des décès, il faut ajouter plusieurs graves problèmes, qui vont des fistules obstétricales à la stérilité, en passant par les douleurs chroniques et l’incontinence urinaire et fécale. Plusieurs raisons sont régulièrement évoquées pour expliquer ces chiffres catastrophiques. Parmi ces raisons, se trouve presque invariablement le recours des populations locales à des pratiques thérapeutiques alternatives.


Les tradithérapies du continent africain sont très diverses d’un pays à l’autre, mais elles ont toutes en commun de ne pas appartenir au courant occidental et à la dominance mondiale de la biomédecine. Pourquoi les effets de ces pratiques variées sont-ils presque toujours présumés « néfastes » quand on ne trouve pratiquement aucune donnée scientifique à ce sujet? Là où les soins biomédicaux classiques sont présents, ils sont souvent inaccessibles du fait de leur coût. Comment présumer que, en pareil cas, ces pratiques alternatives ne constituent pas un essai valable? Est-il impensable que la santé des populations soit pire sans elles, par exemple dans ces déserts médicaux où les conditions de vie empêchent la population plus choyée des médecins de s’y rendre? Toutes ces pratiques sont-elles uniformément et nécessairement néfastes? Que dit la science à ce niveau? Et que disent, aussi, les femmes qui, pour diverses raisons, n’accouchent pas ou refusent de le faire dans les milieux officiellement médicaux?


William Bayiha est diplômé universitaire en histoire, en communication et en gestion. Il a notamment travaillé comme journaliste pendant une dizaine d’années dans divers contextes en Afrique et dans le monde. Il est actuellement chercheur doctoral au programme de doctorat interdisciplinaire en sciences humaines appliquées, de l’Université de Montréal. Il termine une thèse en géopolitique de la santé sous la direction de la professeure Violaine Lemay.


Webinaires FéFOG-GRISOF







La dernière conférence de l’année universitaire :

Mercredi 12 Juillet 2023 : endométriose.

Conférence disponible sur Youtube


Science ouverte





Un article publié dans la revue "Pédagogie Médicale"

Marie Cauli, Etienne Lemarié et Yves Tremblay.

Vers une science ouverte francophone en santé. Le champ de l’éducation médicale est aussi concerné.

et bientôt accessible par son DOI









La Covid est de retour, et avec elle, une épidémie de bronchiolite en embuscade ! Mais sommes-nous mieux armés cette année ? En 2022, la bronchiolite a frappé fort, touchant 1 enfant sur 5. Et la gravité n'était pas en reste : 1 enfant sur 25 hospitalisé, mettant en lumière – un fois de plus – l’état pitoyable de nos hôpitaux… qui ont pourtant réussi à faire face. Personne, ni les soignants, ni les parents, ne veut revoir un tel scénario... Mais 2023 semble-t-elle plus sereine ? Pas si sûr, surtout quand le Ministre de la Santé avance la vaccination anti-covid face à une menace grandissante. Pour éclairer ce débat hautement politique et crucial, nous avons invité un expert renommé en maladies infectieuses pédiatriques : le Pr Robert Cohen.




Revues et intégrité

Rédacteur : Hervé Maisonneuve







FORMATION PEDAGOGIQUE


Les 13 formations proposées par le GRISOF pour améliorer, renforcer et promouvoir la recherche scientifique

  1. Aide à un projet de recherche. Élaboration du projet. Recherche de partenariats. Financement.

  2. Formation à la rédaction médicale, scientifique. Rappel des principes de base. Les normes internationales. Instructions aux auteurs. Les points forts. Erreurs. Risques.

  3. Formation à l’expression scientifique (orale et affichée). Les principes internationaux. Présentation. Document audiovisuel, les règles incontournables. La communication affichée ( poster)

  4. Fraude, plagiat revues prédatrices, pré- publications. Définitions. Préventions. Comment les reconnaître ? Risques et conséquences.

  5. Aide à la préparation de thèses ou travaux scientifiques. Différentes étapes. Choix du sujet, des personnes. Les étapes administratives. Présentation orale et du document. L'après thèse. De la thèse à l'article original....

  6. Les bases pédagogiques. Comment apprend-on? La mémoire. De l'apprentissage à l'expertise.

  7. Management, aide à la structuration des revues pour «experts»

  8. Ethique et intégrité scientifique

  9. Formation des bibliothécaires, spécialistes en TIC. Place des conservateurs.

  10. Aide à la recherche bibliographique. Les bonnes et mauvaises revues. Pièges. Danger des revues prédatrices. Trouver des articles.

  11. Formation à la gestion bibliographique avec ZOTERO

  12. Partage des savoirs et science ouverte. Les savoirs. Transmission des connaissances. Savoir donner, partager. Avantages et risques.

  13. Formation en recherche clinique ; application à l’Afrique. Essais pragmatiques.



Ces formations sont proposées à tous: Présidents d'Université, Doyens de Faculté, responsables d'Institut ou de toutes structures de formation supérieure scientifique, qui décident en fonctions de leurs souhaits, besoins..... au bénéfice des enseignants-chercheurs. La mise en oeuvre revient au décideur et à l'expert. La structure d'accueil prend en charge les frais d'organisation et de logistique, avec l'aide de tout appui type Ambassade, Université , AUF, OMS, industrie pharmaceutique...


Partenariats du GRISOF

  1. RAJeC: Réseau Africain des Jeunes Chercheurs : 800 membres, 30 pays, essentiellement de l'espace CAMES. Responsable: Ph D ATSE Martial, Université d'Abidjan.

  2. Le Grenier du Savoir. Responsable: Gilbert Babena, Université de Maroua. Cameroun.

  3. Plateforme naissante en Science Ouverte:" Consortium National Science Ouverte R.D.C." Responsable: Pr Jacques, Dominique B. Ndgeleka, Kinshasa, RDC.


EpiRheum.com







La recherche et l’innovation responsables (RRI) appellent une large réflexion où conjuguer éthique et participation de publics hétérogènes ne va pas de soi. Bernard REBER, philosophe moral et politique, Sciences Po Paris, nous explique comment la responsabilité va au-delà du travail du chercheur et de sa relation avec les collègues et s’inscrit la problématique de la « compliance » éthique tant de la recherche elle-même que de ses finalités et usages. Enfin, dans le champ croissant de la recherche participative, impliquer et traiter avec une pratique éthique adaptée ses nouveaux publics et ses acteurs non chercheurs peut amener à découvrir dans leurs propres intuitions morales d’autres voies de réflexion.

Pour en savoir plus, lire le chapitre 5 «Participation citoyenne dans la recherche. Conditions d’une approche éthique » de l’ouvrage récemment paru chez EMS (Editions Management & Société), Les nouvelles frontières de l’intégrité académique, Coll. Questions de société, 2023 ➡

Lire la video: https://lnkd.in/eaKMNFky








Avis 7 du CNPEN: Systèmes d’intelligence artificielle générative : enjeux d’éthique


Plus un jour sans un sujet sur l’intelligence artificielle (IA) dans les médias. Pour les entreprises, les scientifiques, les éducateurs, les élèves, les producteurs de contenu, les gouvernants… pour tous, l’heure est aux grandes interrogations, aux enthousiasmes, aux fantasmes, aux inquiétudes. Dans la continuité de son Avis (n°3) sur les enjeux éthiques des agents conversationnels (« chatbots ») fin 2021, le comité national pilote pour l’éthique du numérique (CNPEN) publie un nouvel avis « Systèmes d’intelligence artificielle générative : enjeux d’éthique ».






Des lignes directrices claires pour communiquer dans l’espace public

Pour guider les personnels lors de leurs prises de parole sur les réseaux sociaux, dans les médias, ou de manière plus générale dans l’espace public, l’Inserm publie une charte rappelant les bonnes pratiques ainsi que les devoirs des collaborateurs lorsqu’ils s’expriment dans un contexte faisant apparaître leur filiation avec l’Inserm.

Cette charte est un exemple de ce que peuvent les institutions et grands organismes.




Comment trouver un entrepôt de données dans le domaine biomédical ?


Pour partager ses données à un large public, la solution la plus efficace est de les déposer dans un entrepôt de données. Mais comment trouver un entrepôt de données adapté à ses besoins ? Selon quels critères le choisir ? La première recommandation est de chercher en premier lieu s’il existe un entrepôt disciplinaire adapté à votre type de données ou à votre thématique de recherche. Ensuite, si vous n’en trouvez pas, le choix s’oriente vers un entrepôt généraliste comme Recherche Data Gouv ou Zenodo.


Pour identifier un entrepôt disciplinaire qui pourrait convenir, nous vous conseillons :

  • De vous renseigner auprès de votre communauté scientifique sur les entrepôts les plus utilisés dans votre domaine.

  • De regarder dans ResearchDataWiki pour voir si votre type de données s’y trouve. En cliquant dessus, vous trouverez des propositions d’entrepôts adaptés à ce type de données.

  • De faire une recherche par sujet dans le répertoire re3data (on vous le présente ici). Vous pouvez naviguez dans l’arborescence et sélectionner votre thématique de recherche (Shift + clic) pour afficher les entrepôts correspondants.

Une fois que vous avez identifié un entrepôt intéressant, il vous faut vérifier si ses caractéristiques et fonctionnalités répondent à vos besoins et s’il permet de rendre vos données FAIR. Pour cette analyse, nous vous recommandons d’utiliser les informations fournies par re3data et de les compléter par celles d’un autre répertoire : FAIRsharing.

Voici quelques questions que nous vous conseillons de vous poser et la façon de trouver l’information dans ces deux répertoires :

  1. L’entrepôt permet-il le dépôt de données ?

Dans FAIRsharing, regardez le champ Type : si la mention Knowledgebase est indiquée, le dépôt de données ne sera pas possible.

  1. L’entrepôt est-il certifié ?

Les entrepôts certifiés sont à privilégier, ils sont en effet considérés comme des entrepôts « de confiance » répondant aux principes FAIR.

Dans re3data, vérifiez si la 5e icône est rouge. Si c’est le cas, le type de certification est indiqué sous l’onglet General dans la section Certificates and Standards.

  1. L’entrepôt de données est-il non commercial ?

Dans re3data, sous l’onglet Institutions, vérifiez que les institutions ayant la responsabilité General ou Technical sont non-commerciales (non-profit).

  1. L’entrepôt correspond-il à vos besoins pour ce qui est de l’accessibilité aux données ?

Selon les situations et types de données, vous pouvez avoir besoin que les données soient en accès ouvert, restreint ou fermé, ce qui n’est pas possible dans tous les entrepôts : pour certains, les données sont en accès ouvert obligatoirement, d’autres proposent uniquement un accès restreint, d’autres vous permettent de choisir le niveau d’accès souhaité.

Dans re3data, sous l’onglet Terms, dans la section Data access, vérifiez quelles conditions d’accès aux données sont possibles : accès ouvert, restreint, après embargo…

  1. Des identifiants uniques et pérennes (DOI par exemple) sont-ils attribués aux jeux de données ?

La plupart des entrepôts attribuent des identifiants uniques aux jeux de données, mais ils ne sont pas nécessairement pérennes.

Pour vérifier si l’identifiant est pérenne, dans re3data, regardez si la 4e icône est bleue. Sous l’onglet Standards, le type d’identifiant est indiqué en premier.

  1. La licence sous laquelle les données seront accessibles est-elle clairement mentionnée ou l’utilisateur peut-il choisir une licence ?

Certains entrepôts imposent la licence alors que d’autres vous laissent le choix.

Dans re3data, sous l’onglet Terms, vérifiez si une ou plusieurs licences sont indiquées dans la section Data licenses.

  1. Quelles métadonnées sont demandées au moment du dépôt ? S’agit-il d’un standard de métadonnées ?

Dans FAIRsharing, dans la section Related Content, l’onglet Related Standards indique les standards de métadonnées, ontologies et formats standards mis en œuvre par l’entrepôt. Cherchez également sur le site web de l’entrepôt si vous pouvez accéder à la liste des métadonnées qui sont demandées au moment du dépôt (template, checklist…).

  1. L’entrepôt correspond-il à vos besoins pour ce qui est du volume des données déposées ?

Certains entrepôts imposent un volume maximal pour chaque jeu de données déposé ou demandent un paiement pour des volumes plus élevés. Cette information n’est malheureusement pas indiquée dans les répertoires, il vous faut la chercher sur le site web de l’entrepôt.








Sans culture linguistique, pas de culture scientifique

Le rôle de la langue dans le travail de la science est-il suffisamment pris au sérieux ? Pour Jean-Marc Lévy-Leblond (Université de Côte d’Azur), il est temps de se questionner sur les termes et les expressions employés pour démocratiser le savoir scientifique : à force de parler de « trous noirs », de « supercordes » ou de « big bang », le risque est grand de passer à côté de certains concepts, au risque de nuire à la fois à la transmission des connaissances et aux progrès de la réflexion en sciences dures. « Il ne serait pas difficile de montrer que la situation n’est guère différente dans bien d’autres domaines de la science actuelle, à commencer par la biologie et la génétique. Ainsi de la métaphore selon laquelle l’ADN est un « code génétique » qui constituerait un « grand livre de l’hérédité... Ajoutons que les problèmes évoqués ci-dessus sont considérablement aggravés par la domination, en tout cas dans les sciences de la nature, d’un anglais abâtardi (globish) comme lingua franca. Ce langage appauvri, dépourvu de son arrière-plan culturel et de ses connotations implicites, ne favorise évidemment pas une expression maîtrisée et une évaluation critique des néologismes qu’exige le développement scientifique. Il est donc nécessaire de demander aux chercheurs scientifiques, mais aussi aux journalistes et médiateurs, une conscience plus aiguë de leur responsabilité linguistique et donc d’inclure cette thématique dans leur formation professionnelle ».





Les systèmes d’intelligence artificielle (IA) seront-ils bientôt conscients ?

Il n’y a consensus ni sur les bases neuronales de la conscience, ni sur sa définition philosophique. Dix-neuf philosophes, informaticiens et neurologues, dont l’Américain Robert Long et le Toulousain Rufin VanRullen, proposent de contourner l’obstacle. D’abord, en se limitant à l’analyse de la « conscience phénoménale », cette expérience consciente du monde qu’on attribuera aussi bien à une chauve-souris qu’à un humain. Puis en basant leur analyse sur trois hypothèses : 1) le computationnalisme, à savoir que certaines opérations de la pensée sont représentables par des algorithmes; 2) les théories en neurosciences permettent d’identifier certaines des fonctions qui signent une forme de conscience chez l’humain ; 3) il est possible de vérifier si les IA remplissent des fonctions similaires à celles que les théories scientifiques associent à la conscience.

Les chercheurs en ont tiré une série d’« indicateurs de propriétés », chacun étant considéré comme nécessaire à la conscience dans l’une au moins des théories : si une IA s’éveille, elle cochera plusieurs cases. Plus il y en aura, plus elle sera proche d’un état de conscience. Pour l’instant, aucun résultat. La faiblesse de cette analyse tient au réductionnisme inhérent au computationnalisme : qu’est-ce que ça fait d’être une chauve-souris demandait Thomas Nagel ? On n’en sait rien, et ce n’est pas numérisable ! Sa force tient aussi à son réductionnisme : qu’est-ce que ça fait d’être une IA ? On n’en sait rien...

Rufin VanRullen est directeur de recherche CNRS en neurosciences et intelligence artificielle au Centre de recherche cerveau et cognition (CerCo – CNRS, UT3).


Livres Récents.


Plutôt que de parler plus, n’est-il pas temps de parler moins et de parler mieux, ou différemment?

Nous perdons un temps fou à ne pas être d’accord. Contrairement à ce que l’on imagine, nous ne nous comprenons pas – ou du moins pas suffisamment. « Parlons plus pour mieux nous comprendre ! », entonnera-t-on. Et pourtant, il suffit de pratiquer une langue étrangère pour que la difficulté de comprendre et d’être compris nous assaille et nous éveille. Par effet retour, on prend la mesure de l’illusion dans laquelle nous bercent les langues que nous pensons maîtriser, à commencer par notre langue maternelle.

Plutôt que de parler plus, n’est-il pas temps de parler moins et de parler mieux, ou différemment? Mais il en est du contrat linguistique comme du contrat social, du « savoir-parler » comme du savoir-vivre. Et pour savoir parler, les mots et les règles de grammaire ne suffisent pas. Tout particulièrement à l’heure d’internet et de la communication mondialisée, dans laquelle les frontières entre communication privée et publique d’une part, et nationale et internationale d’autre part, sont devenues dangereusement poreuses. Il est donc temps de reprendre le contrôle de nos comportements communicatifs, comme nous l’avons fait à chaque fois que l’innovation technologique nous a permis d’accroitre nos libertés et nos pouvoirs individuels, aujourd’hui internet et réseaux sociaux.


Sylvain Detey est Professeur en Sciences du langage et Vice-Doyen de la Graduate School of International Culture and Communication Studies de l’Université Waseda (Tokyo, Japon), l’auteur a vécu et enseigné en France, en Angleterre et au Japon.


Qu'en pense Bernard Cerquiglini, Professeur émérite de l'Université de Paris, ancien Recteur de l'AUF ? « Des connaissances solides, des idées, une capacité de synthèse impressionnante. Vous refondez, en fait, la notion de communication, comme centrale à nos études. Et vous en montrez toutes les facettes, parfois inattendues : le plurilinguisme, la question de la norme, les mensonges en ligne, l'art de converser, l'éloquence. Vous proposez à tout lecteur de bonne foi une théorie de la communication au service de la paix civile. C'est un bon livre, bien pensé, bien écrit ; c'est un livre utile. »



Quelles sont les limites de la connaissance?

Ce livre tisse un fil qui traverse les sciences exactes et les sciences de la nature du point de vue de l'histoire de leurs concepts, mais aussi des visions du monde qu'elles rendent possibles, des mathématiques de la Grèce classique jusqu’à leurs applications à l’intelligence artificielle et à la biologie contemporaines. Ces deux dernières disciplines ont été profondément marquées par des notions d’origine mathématique, en particulier celles de calcul, d’information et de programme. Ce qui permet de comprendre leur genèse est le « tournant linguistique » qui a marqué les fondements des mathématiques au XXe siècle : tout serait finalement une affaire de signes, à la fois alphabétiques et numériques, combinés selon des règles elles-mêmes conçues comme suites de signes formant des programmes. Pourtant, les limites de cette approche computationnelle sont aujourd'hui patentes du fait de l'avancement des sciences elles-mêmes : le livre propose des alternatives en reconstruisant les gestes fondateurs du savoir qui sont à l’origine de notre culture scientifique. Giuseppe Longo est mathématicien de la logique et épistémologue (DRE-CNRS, École normale supérieure, Paris).


Ecoutez l'entretien de Giuseppe Longo avec Etienne Klein, dans son émission "La conversation scientifique".



La rédaction pour la recherche en santé Thèses, articles, communication numérique… un guide pratique pour vos publications professionnelles


La rédaction scientifique est une démarche difficile : ce livre contient de précieux conseils pour le professionnel de santé qui souhaite publier. L’objectif à ne pas perdre de vue est que la rigueur permet une lecture facile des publications professionnelles. Pour cela, tous les types d’écrits scientifiques en santé (thèse de doctorat ou d’exercice, article de recherche, cas clinique original ou pour l’enseignement, essai clinique, revue de la littérature, édito, abstract ou communication pour un congrès jusqu’aux publications sur les réseaux sociaux) sont abordés dans cet ouvrage, et toutes les étapes de leur rédaction décrites. Très complet, il se veut surtout un ouvrage pratique : c’est pourquoi les techniques rédactionnelles y sont explicitées pas à pas pour répondre aux exigences de chaque type de publication, et notamment des grands journaux scientifiques. L’enjeu de cet ouvrage est de donner des clés pour appréhender les attendus d’une publication scientifique. Pour en maîtriser toutes les techniques rédactionnelles, suivez le guide…


La médecine est malade. Soignons le mal à la racine!

de Patrice Diot et Pascal Maurel

Préface de Michel Wieviorka


La Santé est en ébullition. Source d’espoir et de sécurité, elle est devenue cause d’angoisse et de déception pour les citoyens, pour leurs élus et pour les soignants eux-mêmes.

Objet de vives controverses professionnelles et sociales, elle jette dans

l’arène les organisations de soins de ville, l’hôpital, les professionnels de santé et les pouvoirs publics. Le nombre de médecins apparait partout insuffisant et les difficultés d’accès aux soins se multiplient en même temps que les inégalités territoriales s’exacerbent !

La crise du COVID a révélé au grand jour les carences de notre recherche médicale, à la traine dans le concert mondial des grandes nations scientifiques. Au pays de Pasteur, de Marie Curie et de Monod, des «experts» incontrôlables sèment le doute quant aux bienfaits de la Science. Or les menaces épidémiques et environnementales s’étendent dangereusement. Pour réarmer nos appareils d’enseignement, de recherche et de soins, les maux doivent être traités à la racine. C’est pourquoi cet ouvrage traite de la question épineuse de la formation des jeunes médecins et soignants, ouvre les pistes indispensables à la relance de la médecine moderne, scientifique et sociale dont le pays a besoin.

Patrice Diot est Doyen de la faculté de médecine de Tours. Il a présidé l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé (ONDPS) et la Conférence nationale des doyens de médecine. Il est vice-président de la Conférence Internationale des Doyens et facultés de Médecine d’Expression Française.

Pascal Maurel est journaliste et éditeur médical. Il dirige l’Université du Changement en médecine (UC2m), un groupe d’analyse des organisations en santé. Il préside Ortus, une agence de communication et d’information en santé. Il est également président du Groupe Santé de Sciences PO – Alumni.


Minute de détente: cérémonie des Ig Nobel


Comme à chaque rentrée, Marc Abrahams, rédacteur en chef et cofondateur des Annals of Improbable Research, organise sa cérémonie des Ig Nobel, qui récompense dix études internationales farfelues. Au menu de cette 33e édition, qui s’est déroulée le 14 septembre : la passion des géologistes pour lécher des cailloux, le pouvoir du coït chez les anchois et des toilettes intelligentes qui analysent nos excréments…

La 33e cérémonie des Ig Nobel s’est déroulée en ligne et non dans le Sanders Theater de l’Université d’Harvard. L’Ig Nobel de médecine a récompensé une étude qui consistait à utiliser des cadavres pour quantifier le nombre de poils dans les narines. Réponse ? Il y aurait entre 112 et 120 poils dans chaque narine ! "Nous espérons que cette recherche fera prendre conscience de l'importance des poils nasaux, en particulier pour nos patients atteints d’alopécie, chez lesquels leur perte entraîne un risque accru d'allergies et d'infections", ont déclaré les auteurs de ces travaux.

Après un traditionnel mini-opéra complètement absurde, deux jeunes Japonais se sont vu décerner l’Ig Nobel de la nutrition pour avoir montré que l’électricité pouvait amplifier le goût des aliments, et permettre de nouvelles expériences gustatives. L’Ig Nobel de physique va, lui, a une équipe européenne qui a étudié le rôle des poissons dans le mélange des eaux côtières. Celle-ci a observé durant deux semaines les turbulences de l’eau dans la Ría de Pontevedra, en Galice. Les chercheurs ont observé chaque nuit des brassages très importants, malgré une météo calme. Ils se sont rendu compte qu’ils étaient dus à des bancs d’anchois, qui se regroupaient pour frayer. Preuve que la vie marine peut influencer le mélange des eaux, indispensable à la survie de ces écosystèmes.

Nouveauté cette année, un prix de communication a été décerné par la française Esther Duflo, prix Nobel de l’Economie (2019), à une équipe qui a étudié l’activité mentale de personnes "expertes dans l'art de parler à l'envers".





72 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page